Les Assises pour la refondation de la Gendarmerie nationale se sont tenues hier au CCI d’Ivato, sous le haut patronage du président de la refondation, Michaël Randrianirina. L’objectif de cette rencontre est de restaurer durablement la confiance de la population, de renforcer la sécurité et de moderniser l’action de la Gendarmerie nationale. Ont participé à ces échanges plusieurs hauts responsables et officiers supérieurs, dont le général Mbina Nonos Mamelison et le ministre délégué en charge de la Gendarmerie nationale, le général Bama Marima.
Au cours de cette rencontre, le PRRM a tenu à préciser que «ce ne sont pas tous les gendarmes qui sont mauvais,
mais certains individus ternissent l’image et le fonctionnement de la gendarmerie nationale à travers des comportements répréhensibles et des abus de pouvoir». Il a ajouté : «Certains gendarmes ont effectivement abusé de leur autorité dans certaines situations, mais cela ne saurait engager la responsabilité de l’ensemble de la Gendarmerie».
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la montée des préoccupations de la population concernant le comportement des forces de l’ordre. Pour de nombreux citoyens, «la confiance entre la Gendarmerie nationale et la population s’est progressivement détériorée à cause de cas d’abus de pouvoir et de manquements à la loi». «Ces Assises ont été organisées précisément pour reconstruire ce lien fragilisé», ont indiqué les organisateurs.
Pour sa part, le général Mbina Nonos Mamelison a souligné l’importance de reconnaître les erreurs du passé : «Nous devons admettre que certaines de nos actions n’ont pas été appropriées, ce qui a contribué à éloigner la population. Nous nous engageons à corriger ces dérives et à améliorer nos méthodes de travail», a-t-il déclaré, exprimant sa volonté de transformer les pratiques et la culture de l’institution.
Selon les objectifs fixés, la refondation ne se limite pas à de simples ajustements administratifs mais vise une réforme en profondeur des structures et des valeurs. Une attention particulière sera portée à la sécurité publique, à la révision des textes régissant la Gendarmerie, à l’amélioration du volet humain et éthique, ainsi qu’au renforcement de la formation professionnelle des gendarmes.
L’un des axes majeurs de cette réforme consiste également à rapprocher davantage la Gendarmerie de la population. Trois principes guideront cette démarche : une gendarmerie propre et transparente, à l’écoute des citoyens, et exerçant ses missions sans corruption. «Ces orientations sont considérées comme essentielles pour restaurer la crédibilité de l’institution et renforcer la confiance des citoyens».
Au-delà des réformes techniques et structurelles, se pose la question fondamentale de la reconstruction du lien psychologique entre les forces de l’ordre et la population. Comme l’ont souligné les intervenants, «la confiance ne se rétablit pas uniquement par les mots, mais par des actions concrètes, le respect de la loi et un service public exercé avec intégrité».
Enfin, les responsables ont insisté sur le fait qu’il est temps de mettre en place de nouvelles stratégies efficaces, de corriger les insuffisances identifiées et d’instaurer des pratiques adaptées aux besoins de la population et aux défis sécuritaires actuels. Dans cette perspective, «on espère voir le rétablissement progressif de la confiance entre la Gendarmerie nationale et les citoyens malgaches, au bénéfice de la stabilité et du développement durable du pays».
S.A




