Anicette Hanitriniaina est une jeune étudiante de 21 ans qui poursuit ses études actuellement à l’université du Vakinankaratra. Elle déplore l’existence de l’harcèlement scolaire durant son vécu au niveau des classes du primaire et du secondaire. La première cause de l’abandon scolaire selon ses dires. Témoignage.
* Les Nouvelles : Depuis quand vous avez constaté l’existence de l’harcèlement scolaire et comment il se manifeste ?
– Anicette Hanitriniaina : J’ai toujours étudié dans les écoles publiques, allant du primaire jusqu’à l’obtention du Bac. Durant ma scolarité, j’ai toujours remarqué l’harcèlement scolaire qui se manifeste sous plusieurs formes. Notamment sur l’existence de clans fondés sur des dominations par rapport aux autres, en particulier envers les élèves issus de familles défavorisées. Les membres du clan n’hésitent pas à utiliser des mots acerbes, des surnoms qui ridiculisent, sans oublier la propagation de fausses rumeurs pour dénigrer leurs victimes. Il y a également l’utilisation de la domination physique qui se termine, à la longue, par des rixes sans fin entre les clans.
* Quelles en sont les conséquences de cette forme de violence ?
– L’absentéisme au début, et qui se termine à la longue par un abandon scolaire. Telles sont, entre autres, les conséquences de ce triste phénomène dont les enfants handicapés sont les premières victimes. La violence se manifeste surtout au niveau du primaire et durant le premier cycle du secondaire. A partir de la classe de seconde, les élèves commencent à forger leurs caractères et deviennent ainsi insensibles à l’harcèlement scolaire, même si les clans continuent de persévérer.
* Faites-vous partie des personnes touchées ?
– Heureusement non. Issue d’une famille modeste, cette situation m’a motivée pour foncer dans les études et je figure ainsi toujours parmi les meilleurs élèves de la classe, forçant ainsi le respect. Mes camardes de classe n’osent pas me faire des remarques ou m’éviter. Au contraire ils sont en bon terme avec moi, même si ce n’est que par hypocrisie.
* D’après-vous, quelles sont les solutions à ce triste phénomène ?
– En premier lieu, la sensibilisation des enseignants à être plus vigilants envers cette forme de violence et d’inculquer aux élèves l’acceptation des différences. Sous leur orientation, divers thèmes devraient être discutés entre les élèves, en particulier sur la tolérance, l’inclusion sociale et la communication. Créer des activités de devoir en groupe auprès des élèves en est un bon exemple.
Recueillis par Sera R.




