Meso Capital Madagascar est un fonds d’investissement mis en place par le Fivmpama avec le soutien de l’Union européenne. Le dispositif est destiné aux petites entreprises dont les opérations démarreront au deuxième semestre de cette année. Interview avec Jaona Ravaloson, chef de mission de structuration de Meso Capital Madagascar.
* Les Nouvelles : Comment fonctionne Meso Capital Madagascar ?
– Jaona Ravaloson : Il collecte des capitaux auprès d’investisseurs nationaux et internationaux et apporte des fonds propres aux petites entreprises malgaches dans les secteurs de l’agribusiness, du textile, de l’énergie, de petites mines, d’huiles essentielles, du digital et de l’artisanat. En d’autres termes, il investit les capitaux dans leurs fonds propres. L’objectif est de déployer 25 milliards d’ariary par an au cours des quatre prochaines années.
* Qu’est-ce qui différencie Meso Capital Madagascar des banques et Institutions de microfinance (IMF) ?
– Meso Capital ne prête pas de l’argent comme le font les banques et les IMF. C’est du capital-investissement. Il prend une participation dans le capital des «Special Purpose Vehicle» (SPV) qui regroupent des petites entreprises couvrant une chaîne de valeur. Les SPV vont par la suite devenir actionnaires de Meso Capital. Cet investissement est rémunéré par des dividendes quand et si les SPV dégagent des bénéfices.
*Qu’est-ce qu’une SPV ?
– C’est un montage utilisé pour permettre à différentes entreprises de se mettre ensemble dans le cadre d’un projet commun, tout en conservant leur identité opérationnelle et personnalité juridique. C’est une coopérative. Mais ni un fonds d’investissement ni un investisseur tiers ne peuvent investir dans une coopérative. D’où l’utilisation de la SPV qui est une société de capitaux. C’est quelque chose de nouveau à Madagascar, sauf dans les cas de financement de projets d’infrastructure type Ravinala (aéroport), Volobe (hydroélectricité) et d’autres projets de cette envergure.
* Doit-on obligatoirement être membre du Fivmpama pour bénéficier du soutien de Meso Capital ?
– Non. Il y a dans le pays 332.000 entreprises formelles. 96% sont de très petites et petites entreprises et constituent le marché cible de Meso Capital. Il leur suffit d’avoir un projet porteur et de se regrouper, de manière libre et de leur propre volonté, dans des SPV propres à leurs métiers respectifs. Un manuel de procédures de création de SPV a été établi et mis à la disposition des entreprises candidates au financement Meso Capital. Une assistance technique est aussi prévue à cet effet.
Propos recueillis par LR




