Le projet minier Vara Mada, anciennement connu sous le nom de Base Toliara, demeure plongé dans l’incertitude. Sur le papier, l’initiative devrait déjà se trouver en phase de pré-construction. Pourtant, sur le terrain comme au niveau institutionnel, le flou persiste.
La seule évolution officielle récente concerne la gouvernance du projet. L’entreprise a annoncé la nomination de Mike Van Akkooi au poste de directeur général. En dehors de ce changement, peu d’éléments ont filtré sur le calendrier ou sur la position formelle des autorités. Ce silence contraste avec la régularité des prises de parole des opposants historiques au projet.
Parmi eux figurent des personnalités aujourd’hui au cœur de l’appareil d’Etat. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, continue d’afficher son rejet du projet. Sur les réseaux sociaux, il a récemment réaffirmé que « Toliara n’est pas à vendre » et déclaré publiquement son « opposition à l’ouverture de Vara Mada ».
Même ligne du côté d’Elia Rabevahiny, leader du parti Otrikafo et actuel conseiller auprès de la présidence de la Refondation de la République. Malgré sa nomination, il assure que sa position reste inchangée. « Etant donné qu’il ne découle pas d’élections, l’actuel régime ne peut pas signer de contrat engageant le pays pour une longue durée », soutient-il, en maintenant son refus de l’opérationnalisation du projet minier.
Autre figure régulièrement citée parmi les détracteurs, Théo Rakotovao, directeur général de la Culture au ministère de la Communication et de la culture, s’est montré plus discret ces derniers temps. Aucun propos récent de sa part n’a été rendu public.
Ces dernières semaines, d’autres acteurs politiques ont rejoint le camp des opposants. En déplacement à Toliara, la plateforme Tafita, conduite par Alain Andriamiseza, a exprimé sa « ferme opposition à Base Toliara, ou Vara Mada, quel que soit le nom ».
Face à ces résistances, l’entreprise minière tente de rassurer. Par la voix de son nouveau directeur général, elle affirme que ses priorités portent sur « le renforcement des liens avec les communautés locales et l’aboutissement des protocoles d’investissement avec les autorités nationales ».
Entre changement de direction, contestations persistantes et absence de position officielle de l’Etat, l’avenir de Vara Mada reste suspendu à des arbitrages politiques.
Arh.




