Depuis un certain temps, les critiques fusent de partout contre la gouvernance de la Refondation. Est-ce le signe d’un début d’impopularité ? Pour le moment, on ne peut pas encore se prononcer d’une manière catégorique si toutes ces critiques sont fondées ou non.
Quoi qu’il en soit, le moins qu’on puisse dire est que ces critiques émanent aussi bien de ceux qui sont, eux-mêmes, au sein du pouvoir et de ceux qui ne le sont pas. Dans la première catégorie, on peut distinguer les fidèles des fidèles qui pensent que le régime a dévié de ses objectifs.
Pour cette «aile dure» des sympathisants du pouvoir en place, pour garder la bonne ligne,
il faut procéder à une «purge» totale à tous les niveaux de décision de l’Etat et aucune tolérance n’est admise. Tout égarement, tout errements est attribué aux adversaires de la Refondation.
On peut également citer les partisans de l’ancien régime qui, pour une raison ou une autre, ont pu rester dans les sphères du pouvoir. Evidemment, ils rêvent du retour de l’ancien régime au pouvoir, mais en attendant, ils vivent et profitent du système (postes, avantages ou relations qui les lient au pouvoir actuel).
Dans la seconde catégorie, c’est-à-dire tous ceux qui sont en dehors du pouvoir, il y a tous ces partisans de première heure qui n’ont pas eu la chance d’accéder
à un quelconque poste de responsabilité et qui contestent le changement de direction du régime en place par rapport aux objectifs initiaux réclamés dans la rue.
Bien évidemment, il est tout à fait logique qu’ils éprouvent, un tant soit peu, un sentiment de frustration. Sans chercher à faire tomber le pouvoir auquel ils ont participé pour le mettre en place, ils n’acceptent pas toutefois une quelconque défaillance de la part des décideurs actuels.
Puis viennent les partisans de l’ancien régime, nostalgiques du temps passé et qui se trouvent totalement écartés de tout pouvoir de décision. Pour ceux-ci, la moindre occasion pour dénigrer le pouvoir est mise à profit pour porter atteinte à la crédibilité du pouvoir en place.
Enfin, il y a les opportunistes de tout bord qui ne font partie ni des sympathisants ou des adversaires du régime de la Refondation. Pour, l’objectif est de profiter de la moindre faiblesse du pouvoir en place afin d’accéder dans le cercle du pouvoir.
Ils cherchent par tous les moyens à déstabiliser le pouvoir en place pour que ce dernier procède à d’éventuels remaniements ou hypothétiques nominations qui leurs offriraient une chance de choper un siège. En fin de compte, ils ne visent pas à faire tomber le régime mais plutôt à l’intégrer.
Force est de constater que la vie politique à Madagascar peut être comparée une grande scène de théâtre lyrique qui ressemble sans s’y méprendre à un véritable panier de crabes. Comme chacun y joue son rôle et sa partition à sa guise, c’est tout à fait normal s’il n’en sort plus qu’une cacophonie.
Ranaivo Lala Honoré




