Soins bucco-dentaires: un luxe pour de nombreux Malgaches

A Madagascar, la santé bucco-dentaire reste un secteur en difficulté, marqué par un manque criant de professionnels, des coûts élevés et une prévention encore insuffisante. Les acteurs du domaine tirent la sonnette d’alarme et appellent à des actions urgentes.

Le président de l’Ordre National des Odonto-Stomatologistes (ONOS), Dr Daniel Rabema­nanjara, résume la situation : « Il n’y a pas assez de dentistes et de spécialistes bucco-dentaires à Madagascar. La prévention reste donc la priorité chez nous. Les soins dentaires coû­tent cher dans la mesure où tous les équipements nécessaires aux soins sont tous importés ». Et cette réalité pèse lourdement sur la population. Certes, des extractions dentaires débutent autour de 4.000 ariary (environ 1 euro) chez certains praticiens. Mais le pouvoir d’achat des ménages demeure faible, limitant l’accès aux soins. Beaucoup renoncent à consulter, même si certains font des efforts pour se soigner malgré les difficultés.
Les chiffres confirment cette insuffisance. Le vice-président de l’Association Dentaire Malagasy (ADM), Dr Anselme Rakotonjana­hary souligne : « Le nombre de dentistes et de spécialistes bucco-dentaires à Madagascar ne dépasse pas les 1.400. Nor­malement, selon l’OMS, il devrait y avoir un dentiste pour 10.000 habitants, mais chez nous, il n’y a qu’un dentiste pour 24.000 habitants ». Le ratio est donc largement en dessous des normes internationales, aggravant les iné­galités d’accès aux soins.
A cela s’ajoute une con­trainte structurelle : la formation. A ce jour, Mahajanga reste le seul centre de formation des chirurgiens-dentistes du pays, ce qui limite la production de nouveaux professionnels.

Congrès Dentaire de l’Océan Indien (CDOI)

Les acteurs du secteur tentent de se mobiliser, face à ces défis. La tenue prochaine du Congrès Dentaire de l’Océan Indien (CDOI), prévue les 30 et 31 octobre au Centre de Conférence international d’Ivato, s’inscrit dans cette dynamique. Pour la présidente de l’ADM, Nadia Raboana, cet événement est une opportunité :
« Le sourire est au cœur de notre métier… penser le sourire de demain, c’est réfléchir à l’intégration des nouvelles technologies, notamment les intelligences artificielles ».
Pour la directrice géné­rale de Nexacom, Hasina Ran­­drianantenaina, coorganisatrice de l’événement, l’enjeu dépasse le simple cadre professionnel : « Nous sommes fiers de rassembler un écosys­tème aussi large… et de contribuer au positionnement de Madagascar en tant que pôle d’échanges et de formation ».
Ce rendez-vous réunira plus de 3.300 participants et des experts internationaux. Il vise à renforcer la coopération régionale et à moderniser les pratiques, notamment en chirurgie, orthodontie et technologies dentaires.

Arh.

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