Diplômes peu reconnus, encadrement insuffisant, plateformes défaillantes… L’essor rapide de l’enseignement à distance s’accompagne de dérives préoccupantes qui interrogent la qualité et la crédibilité du système.
L’enseignement supérieur à distance connaît une croissance fulgurante, porté par la démocratisation du numérique et la recherche de flexibilité chez les étudiants. Mais derrière cet engouement, de nombreuses irrégularités émergent et suscitent de vives inquiétudes. Plusieurs apprenants dénoncent des formations peu structurées, un suivi pédagogique quasi inexistant et des contenus souvent obsolètes, remettant en cause la valeur réelle des diplômes délivrés. « On paie des frais importants, mais on se retrouve parfois seuls face à des supports mal conçus », témoigne un étudiant inscrit en gestion. D’autres évoquent des cours limités à de simples documents PDF, sans interaction ni suivi pédagogique.
Ces préoccupations viennent d’être officiellement confirmées par les autorités. Dans une note de cadrage datée du 20 mars, la Direction générale de l’Enseignement supérieur reconnaît que « certaines formations sont déployées sans dispositif structuré ni encadrement approprié », compromettant à la fois la qualité des enseignements et la crédibilité des diplômes.
Le ministère serre la vis
Face à cette situation, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres) entend serrer la vis. En attendant l’adoption d’un décret spécifique, la note N°052/ 2026-Mesupres/SG/DGES fixe désormais des exigences strictes pour toute formation ouverte et à distance (Foad), qu’elle soit en ligne ou hybride.
Parmi les principales mesures, les établissements sont tenus de mettre en place un dispositif pédagogique formalisé, intégré à la maquette de formation.
Autre point clé : l’obligation d’utiliser une plateforme pédagogique institutionnelle. Le ministère met ainsi fin à certaines pratiques consistant à dispenser des cours uniquement via des messageries ou des réseaux sociaux, jugées non conformes aux standards académiques. Les établissements doivent également assurer la traçabilité des activités et le suivi des étudiants.
La question de l’accessibilité est également prise en compte. Les formations devront désormais s’adapter aux contraintes réelles des apprenants, notamment en matière de connectivité, d’équipements et d’énergie, en proposant par exemple des contenus légers ou accessibles en différé.
Sur le plan académique, un accent particulier est mis sur la fiabilité des évaluations. Les établissements sont appelés à garantir l’intégrité des examens en mettant en place des dispositifs de prévention de la fraude et d’authentification des travaux. Par ailleurs, toute formation à distance devra être intégrée dans le processus d’habilitation et se conformer aux exigences du système LMD.
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