S’appuyant sur les rapports de la Cour des comptes, Fetison Rakoto Andrianirina estime que « le problème ne se limite pas à la corruption », pointant avant tout des failles structurelles dans le fonctionnement de la gouvernance.
Les rapports publiés par la Cour des comptes mettent en évidence de nombreuses irrégularités dans la gestion des finances publiques. «Ce n’est pas qu’il n’y a pas d’actions dans le pays. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de fonds mobilisés. Mais il y a des dysfonctionnements», affirme Fetison Rakoto Andrianirina.
Selon ses explications, «certains projets sont lancés sans être achevés dans les délais, des infrastructures réalisées ne fonctionnent pas réellement, et des fonds sont engagés sans que leurs résultats soient clairement visibles».
Ces situations sont souvent attribuées à la corruption ou aux détournements de fonds. Toutefois, «ce ne sont pas les seuls problèmes», souligne-t-il. «Le véritable problème réside dans l’organisation défaillante du fonctionnement de l’Etat», poursuit-il.
Il précise que «lorsque le suivi des fonds n’est pas rigoureux, l’exécution des projets échappe au contrôle, et les responsabilités ne sont pas clairement assumées», entraînant ainsi la répétition des mêmes dysfonctionnements.
Dès lors, «il ne suffit plus de déclarer lutter contre la corruption (…) Il faut réformer le système de gouvernance, appliquer strictement les règles et définir clairement les responsabilités».
Il insiste également sur le fait que «Madagascar n’a pas besoin d’un pouvoir qui se limite aux explications», mais plutôt «d’un pouvoir qui agit, qui produit des résultats et qui assume ses responsabilités».
En conclusion, «ce n’est pas la quantité des discours qui importe, mais la réalisation effective des actions engagées», a-t-il souligné, plaidant au passage pour une gouvernance orientée vers les résultats.
S.A.




