Une alliance de circonstance ? La question mérite d’être posée même face à l’évidence car les masques commencent à tomber. Et ce qui ressemblait à une entente prend aujourd’hui l’allure d’un jeu d’équilibriste, où chacun commence à garder ses distances.
Ces derniers temps, les déclarations se multiplient. Les alliés d’hier deviennent, lentement mais sûrement, des adversaires en devenir. Le plus frappant, c’est que ce malaise politique intervient alors que les élections ne profilent même pas à l’horizon. Comme si chacun voulait déjà marquer son territoire et jauger ses forces.
À Mahajanga, l’ancien président Marc Ravalomanana n’a pas caché son insatisfaction quant à la composition du gouvernement. En filigrane, un message politique clair car selon lui le Tim demeure un parti de poids sur l’échiquier politique. Une sortie qui n’est pas anodine et qui traduit une frustration plus profonde qu’il n’y paraît.
En face, le camp du pouvoir n’est pas resté silencieux. Le ton est même plutôt direct en indiquant qu’il serait temps de passer le relais. Une manière, sans doute, d’assumer une volonté de renouvellement, mais aussi de redessiner les rapports de force. Il faut reconnaître que les événements de 2025 ont marqué un tournant avec l’engagement d’une jeunesse décidée à changer les choses. Depuis, les jeunes occupent davantage l’espace, portent des revendications, et expriment des attentes. Mais sont-ils réellement entendus ?
Le sentiment de désillusion frappe les jeunes. Plusieurs d’entre eux ont tenté leur chance en postulant à des postes ministériels, sans succès. Cette situation alimente un sentiment d’être mis à l’écart et d’être incompris.
Cela étant, les tensions deviennent de plus en plus visibles. Et tout laisse penser que ces frictions ne sont qu’un début. Les prochains mois pourraient donc bien être le théâtre d’une recomposition plus profonde où alliances et rivalités continueront de se redéfinir, comme toujours dans l’histoire politique du pays.
Rakoto




