Gen Z : des voix s’élèvent face aux arrestations

L’arrestation de six membres du mouvement Gen Z, survenue à la suite d’une marche pacifique organisée le 10 avril, suscite des réactions au sein de la classe politique, du barreau et de la société civile. Au cœur des préoccupations figure le respect des libertés fondamentales.
Selon Me Olivier Rakotoanosy, Miora Nantenaina Rakotomalala et son mari Dina ont été libérés hier soir après une audition auprès de la Brigade criminelle d’Anosy. D’après les informations que l’avocat a reçues, ils n’ont pas été placés en garde à vue. Par conséquent, la rumeur selon laquelle le couple aurait été envoyé à l’hôpital est fausse. En revanche, Me Olivier Rakotoanosy n’a donné aucune information concernant les quatre autres jeunes arrêtés, dont Herizo Andriamanantena.
De leur côté, plusieurs organisations de la société civile dénoncent des «arrestations arbitraires» visant des jeunes manifestants qui, selon elles, ne faisaient qu’exprimer la voix d’une génération en quête de reconnaissance. Elles alertent sur un climat de tension croissante et évoquent un «recul inquiétant» des engagements en matière de droits civils et politiques.
Dans leur déclaration, ces organisations rappellent que la liberté d’expression et la liberté de manifestation sont des droits inaliénables, garants du fonctionnement démocratique. Elles s’inquiètent également de l’usage de plus en plus fréquent du chef d’accusation d’«atteinte à la sûreté de
l’État», perçu comme un instrument de répression. Cette pratique, selon elles, rappelle des périodes sombres de l’histoire politique récente et risque de compromettre la crédibilité des autorités actuelles.

Libération immédiate
En outre, la société civile appelle à davantage de transparence dans la gestion des affaires publiques, estimant que seule une gouvernance ouverte peut restaurer la confiance. Elle exhorte également les autorités à mettre en place un cadre de dialogue inclusif, permettant notamment aux jeunes de s’exprimer sans crainte de représailles.
Pour sa part, le parti Otrikafo a rapidement réagi en exprimant son désaccord face à ces interpellations. Dans une déclaration publique, il affirme ne pas cautionner l’arrestation de jeunes ayant «exprimé leurs opinions» et exige leur libération immédiate. Le parti rappelle que la liberté d’expression constitue un droit fondamental et insiste sur la nécessité de privilégier le débat d’idées plutôt que la répression.
Pour Me Olivier Rakotoanosy, avocat des jeunes engagés dans le mouvement Gen Z en octobre 2025, a appelé à une accélération de la procédure. Il demande que les manifestants soient libérés s’ils ne sont reconnus coupables d’aucune infraction. En revanche, il a affirmé que les «véritables instigateurs» d’éventuels troubles devraient être identifiés et sanctionnés.

Tivo Rasam

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