Crise au sein de Jesosy Mamonjy : Arbitrage de l’Etat

« Pour préserver l’ordre public du trouble, la préfecture d’Antananarivo a décidé de suspendre le processus électoral », a fait savoir le préfet, Vonjy Maminjanahary Andriasy, dans une brève déclaration, hier à l’église Jesosy Mamonjy à Ankorondrano. Cette semaine, le colonel Michaël Randrianirina convoquera à une réunion de sortie de crise, les protagonistes.

La tension est remontée d’un cran au sein de Jesosy Mamonjy. Pré­vue se dérouler samedi matin à Akoron­drano, à partir de 7 heures, l’élection des membres du Conseil d’Ad­ministration de l’Eglise, a été suspendue sous l’effet de la décision prise par la Pré­fecture d’Anatananarivo. Le préfet, Vonjy Maminjana­hary Andriasy s’est même déplacé sur les lieux, pour notifier les responsables du processus.
Désormais, l’arbitrage de l’Etat joue un rôle important dans la résolution des «conflits» inhérents au processus électoral au sein de Jesosy Mamonjy, depuis des années. Dans son intervention, le préfet d’Antana­narivo a annoncé la tenue d’une réunion ce mercredi et jeudi entre les protagonistes, sous la direction du président de la Refondation de la République, Michaël Ran­drianirina, pour parvenir à un consensus, comme condition de reprise du processus.
Résultat de problèmes qui s’accumulent au fil des années, cette crise ressurgit de plus belle avant la tenue des élections majeures au sein de Jesosy Mamonjy. Comme c’était déjà le cas lors de l’élection du président de l’Eglise en 2022. A l’époque, une vive altercation a même éclaté en plein culte entre les partisans et les opposants des nouveaux, après le scrutin. Mais cette fois et c’est une grande première, l’Etat est intervenu et invite les deux camps adversaires à s’asseoir autour d’une table de dialogue.
Et samedi, le même scénario a failli se reproduire. La tension a été palpable dans un camp comme dans l’autre. Le ton a commencé à monter jusqu’à l’arrivée de la Préfecture temps, pour désamorcer cette situation de crise.
«Cette élection devait être inclusive et permettre à tous les fidèles de participer. Notre candidat n’a pas été autorisé à se présenter», a déclaré un représentant des contestataires. Ils dénoncent un processus non inclusif, unilatéral et remettent en cause la crédibilité du scrutin.
Selon lui, des négociations ont été engagées au­près de la Présidence de la République afin de trouver une issue consensuelle, mais «le président du conseil d’administration (PCA) ne s’est a fait faux bond, qui s’est fait représenter par son avocat». «Pour trouver une résolution équitable, les deux parties adversaires doivent trouver un consensus», a-t-il ajouté.
Les fidèles contestataires pointent également du doigt le pasteur Raymond Ran­drianatoandro. Selon eux, l’élection de ce dernier aurait été entachée d’irrégularités. Ils dénoncent aussi des actes d’intimidation visant les membres de l’Église opposés au processus. Ils s’interrogent aussi sur les conditions de délivrance d’un récépissé administratif, qui, selon eux, aurait été remis en dehors de la procédure habituelle.

N.A

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