A la veille de la manifestation du 18 avril, le mouvement Gen Z affiche des positions contradictoires. Alors que le Collectif des mouvements Gen Z a officiellement annoncé la suspension du rassemblement, portée par Gen Z Madagascar, la page GEN Z 261 maintient l’appel à descendre dans la rue. Une confusion qui reflète les tensions d’un mouvement confronté à la fois à la pression du pouvoir et à ses propres recompositions.
Dans un communiqué publié hier, le Collectif des mouvements Gen Z indique avoir décidé de suspendre la manifestation prévue demain, invoquant des discussions engagées avec les autorités. Selon ses représentants, une rencontre a eu lieu avec le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, ouvrant la voie à une possible collaboration avec le pouvoir. Le mouvement affirme désormais vouloir privilégier la mise en œuvre d’un « protocole d’accord ». Selon la déclaration, il se dégage ainsi de toute responsabilité concernant d’éventuels troubles qui pourraient survenir demain.
Ce revirement tranche toutefois avec un autre message diffusé parallèlement. Sur les réseaux sociaux, la page GEN Z 261 a confirmé le maintien de la manifestation du 18 avril, avec un départ fixé à Ambohijatovo avant une marche vers la place du 13 Mai. Les revendications, restent inchangées, à savoir la dissolution des institutions de la 4e République.
En toile de fond, une montée des tensions marque la situation. En effet, plusieurs militants du mouvement ont été arrêtés mercredi, dont Dr Carine et Rija, membres de la Gen Z 261. Le mouvement dénonce des arrestations qu’il juge illégales et exige la transparence sur les enquêtes en cours, tout en affirmant ne pas s’opposer au principe d’auditions dans un cadre légal. Ces interpellations contribueraient à instaurer un climat de peur chez les militants.
Dans un communiqué adressé à la communauté internationale, le mouvement Gen Z Madagascar va plus loin, évoquant des atteintes graves aux libertés fondamentales et dénonçant des violences subies par certains de ses membres. Il appelle à une mobilisation extérieure pour garantir le respect de l’État de droit, inscrivant ainsi la crise dans une dimension qui dépasse le cadre national.
Entre volonté d’apaisement et maintien d’une ligne contestataire, le mouvement Gen Z apparaît aujourd’hui à un tournant. La suspension de la manifestation par une partie de ses responsables peut être interprétée comme une tentative d’ouverture politique. Mais le maintien de l’appel à manifester par d’autres composantes traduit une défiance persistante et une détermination intacte.
Tivo Rasam




