Protection des lanceurs d’alerte: le CSI interpelle les parlementaires

La question autour de la protection des lanceurs d’alerte, revient au cœur du débat politique.
A l’occasion d’une séance de sensibilisation organisée par le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI), avec l’appui du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), avant-hier, à l’Hôtel Ibis Ankorondrano, les parlementaires ont été interpellés sur la nécessité d’élaborer et d’adopter un projet de loi sur la protection de lanceurs d’alerte, conforme aux standards internationaux.
Force est de constater que le cadre juridique actuel est insuffisant pour protéger les citoyens qui dénoncent des pratiques illicites. Dans un contexte où la corruption continue de fragiliser les institutions, l’absence de garanties solides expose les lanceurs d’alerte à des représailles, empêchant de révéler des actes d’abus contraire à l’intérêt général.

Dispositifs structurants

Face à cette situation, le CSI intensifie son plaidoyer. « La protection des lanceurs d’alerte n’est pas un luxe, mais un pilier de l’État de droit », a insisté son secrétaire exécutif, Tsiry Razafimandimby. Selon lui, face à l’absence de mécanismes fiables de signalement et de protection effective, la lutte contre la corruption n’aura pas l’effet escompté.
Le projet de loi devrait prévoir la mise en place des canaux de signalement sécurisés et confidentiels, des mesures de protection contre toutes formes de représailles, ainsi que des sanctions contre les auteurs de menaces ou de pressions. Ce texte devrait aussi prévoir des mécanismes d’indemnisation pour les victimes et clarifier les responsabilités des institutions chargées du traitement des alertes.

Pression

Au niveau des parlementaires, certains reconnaissent la nécessité d’instaurer tel cadre, alors que d’autres se montrent plus réservés, surtout que ce sont les politiques et les institutions sont dans le viseur d’annonceurs d’alerte.
Dans les coulisses, la pression s’intensifie. Soutenue par des partenaires internationaux, cette réforme se présente comme un levier majeur pour renforcer la crédibilité du pays en matière de bonne gouvernance. Mais au-delà des engagements, plus d’un s’interroge sur la capacité et la volonté du Parlement à traduire ces intentions en loi.

Tivo Rasam

Partager sur: