Ceni: Installation des nouveaux membres sur fond de débats

Les nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante ( Ceni ) prêtent serment ce jour, consacrant ainsi la mise en place complète de la nouvelle composition de l’institution chargée de l’organisation des élections à Madagascar. Cette étape institutionnelle intervient toutefois dans un climat marqué par des débats et des contestations.

Sur les réseaux sociaux, le député Roland Ratsi­raka a mis en cause la présence de l’ancien préfet de Toamasina au sein de la Ceni, estimant qu’il ne de­vrait pas intégrer l’institution. Il l’accuse d’avoir été impliqué, par le passé, dans des pratiques de fraude électorale.
Ces déclarations ont suscité une réaction de la société civile, qui défend le processus de désignation. Selon ses représentants, la sélection des membres s’est dé­roulée dans le respect des règles établies, à travers un processus interne reposant sur un comité ad hoc et impliquant plusieurs organisations. Sur les six entités de la société civile ayant participé, deux ont été retenues pour siéger au sein de la Ceni.
La société civile insiste également sur plusieurs principes qu’elle estime avoir guidé le processus : l’autonomie de ses structures, la légalité administrative, le suffrage interne et le principe de présomption d’innocence. Elle estime que les contestations exprimées publiquement ne sauraient remettre en cause la régularité de la procédure, sauf preuve formelle établie par voie officielle.
De son côté, l’ancien préfet de Toamasina mis en cause a tenu à réagir. Il affirme que ses fonctions se limitaient strictement à la sécurisation du processus électoral durant les scrutins, sans aucune intervention dans l’organisation ou la manipulation des résultats. Il rappelle que la gestion des opérations électorales relève d’instances indépendantes, notamment les commissions électorales locales.
Il précise également que tout contentieux électoral relève de la compétence du tribunal administratif, seul habilité à statuer sur les éventuelles irrégularités et à proclamer les résultats officiels en cas de litige. Selon lui, l’administration préfectorale n’intervient ni dans le dépouillement ni dans la validation des résultats.
Face aux accusations, il rejette toute implication dans des actes susceptibles d’altérer la sincérité du scrutin et affirme que sa désignation au sein de la Ceni résulte précisément de cette absence d’ingérence dans les processus électoraux.
Alors que la nouvelle équipe de la Ceni entre officiellement en fonction, ces tensions illustrent les sensibilités persistantes autour de la gouvernance électorale et de la composition des institutions chargées de garantir la transparence des scrutins à Madagascar.

N.A.

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