Face au report sine die des épreuves orales du concours d’accès à la magistrature, des représentants des candidats admissibles ont exprimé leur inquiétude, à travers un communiqué. A ce jour, aucune date de reprise n’a été annoncée.
Ils pointent un paradoxe entre la suspension du processus de recrutement et le déficit structurel en magistrats. Madagascar compte actuellement environ 1.000 magistrats pour une population estimée à plus de 30 millions d’habitants, un ratio inférieur aux standards évoqués au niveau africain et international.
Selon ces candidats, l’organisation du concours vise précisément à renforcer les effectifs de la magistrature. Une éventuelle annulation du processus risquerait ainsi d’aggraver le sous-effectif et de perturber le fonctionnement du service public de la justice. Ils estiment également que cette situation pourrait affecter l’accès des citoyens à la justice, notamment en allongeant les délais de traitement des affaires.
Sur le plan juridique, ils rappellent que la Constitution garantit à chaque citoyen le droit de se faire rendre justice, tandis que les principes africains relatifs aux droits de l’homme insistent sur l’exigence d’un jugement dans un délai raisonnable.
La question financière est également soulevée. L’organisation d’un tel concours mobilise des ressources importantes, souvent avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Une reprise intégrale du processus poserait des interrogations quant à la disponibilité des moyens nécessaires.
Les signataires appellent ainsi à la poursuite du processus engagé, estimant qu’elle constitue une option plus rationnelle au regard des enjeux institutionnels et budgétaires. A ce stade, aucune communication officielle n’a précisé les raisons du report ni les perspectives de reprise des épreuves orales.
S.A.




