La rançon de la gloire

L’Assemblée nationale a entamé cette semaine sa première session ordinaire tel qu’il est prévu par la Constitution. Effective­ment, elle tient chaque année deux sessions ordinaires de 60 jours chacune, soit en tout 4 mois. Autrement, des sessions extraordinaires sont organisées se­lon les besoins avec tou­tes les dépenses complémentaires qui vont être engagées.
Il faut savoir que ces travaux en séance pub­lique sont au cœur de l’activité parlementaire. Toutefois, les députés ont tout de même une multitude d’autres missions : Travail en commissions, travail législatif, présence en circonscription … . Autrement dit, un parlementaire a de nombreuses obligations qui, des fois, l’amènent à s’absenter pendant ces séances publiques.
Cependant, il ne faut pas oublier que l’un des rôles principaux de l’As­semblée nationale est d’assurer un contrôle permanent de l’exécutif. On se demande alors si ces 4 mois (de session ordinaire) suffisent pour assurer ce contrôle ? La raison est que les décisions au niveau de l’exécutif peuvent se prendre en dehors de la session ordinaire de l’Assemblée nationale.
En conséquence, ce contrôle ne peut se faire qu’à postériori. Déjà, cela présente une faille au niveau de l’effectivité et de l’efficacité du contrôle à faire. Par ailleurs, beaucoup s’accorderont à reconnaître que de nombreux parlementaires présentent des lacunes profondes en matière des affaires de l’Etat. Cette incompétence a d’importantes répercussions sur le contrôle à parfaire.
Quoi qu’il en soit, on peut bien penser que le contrôle systématique pendant toute l’année serait le plus adéquat. Mais compte tenu des « obligations » incon­tour­nables auxquelles cha­que parlementaire doit se plier, cela relève du domaine de l’impossib­le. En fait, un député est censé représenter ceux qui l’ont élu. Il représente cette communauté d’électeurs dans une circonscription donnée
Pour cela, il est obligé de rester à l’écoute de ceux qui l’ont élu, donc d’aller à la rencontre des citoyens pour relayer certaines problémati­ques locales à l’Assemblée. Il doit également participer à certains évènements officiels et surtout rendre compte des travaux des députés à l’As­semblée. De ce fait, il doit être présent le plus fréquemment possible dans sa circonscription d’élection.

Cette redevabilité est obligatoire car autrement, il peut mettre une croix sur sa chance de se voir réélu. Il peut alors dire adieu aux énormes avantages (rémunérations, différentes allocations …) dont il bénéficie en tant que parlementaire, des avantages qui font tiquer l’opinion pub­lique. Mais ces critiques, il faut les accepter. En tout cas, c’est la rançon de la gloire !

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: