Le gouvernement et le Programme alimentaire mondial (Pam) ont officiellement lancé hier le Système pour des résultats améliorés dans l’éducation (Saber). Un outil stratégique destiné à mieux évaluer, corriger et renforcer les politiques de cantines scolaires, dans un contexte où l’alimentation des élèves reste un enjeu majeur pour la réussite éducative et la lutte contre la malnutrition.
Le système de cantines scolaires entre dans une nouvelle phase. Avec le lancement de Saber – Alimentation scolaire 2026, officialisé hier dans la Capitale, les autorités veulent aller au-delà de la simple distribution de repas pour construire une politique plus efficace et mieux ciblée.
Dans son intervention, la ministre de l’Education nationale, Sendra Nirina Rajaonarison, a souligné la portée stratégique de cette démarche en affirmant qu’il s’agit «d’un moment de prise de décision et de conception de solutions durables, en vue d’améliorer l’éducation et au bénéfice des enfants malgaches».
Une couverture en expansion, mais encore inégale
Le dispositif de cantines scolaires concerne aujourd’hui 4.228 écoles réparties dans 16 régions du pays. Les établissements sont sélectionnés selon des critères de vulnérabilité, notamment la malnutrition, le faible taux de scolarisation et le redoublement.
Malgré cette extension progressive, la couverture reste limitée : environ 15% seulement des élèves bénéficient actuellement d’un repas quotidien à l’école. Le financement repose majoritairement sur les partenaires techniques et financiers (94%), tandis que l’Etat contribue à hauteur de 6%, soit environ 14,5 milliards d’ariary pour la prochaine année scolaire.
Des impacts concrets
L’étude Saber, lancée initialement en 2014 dans deux régions pilotes (Sud-ouest et Analamanga), est aujourd’hui élargie à neuf régions. Elle permettra de mesurer les progrès réalisés et de comparer les résultats avec ceux d’autres pays africains. Un rapport est attendu d’ici fin juillet.
Sur le terrain, les effets des cantines scolaires sont déjà perceptibles : amélioration de la fréquentation scolaire, réduction des abandons, diminution du stress lié à l’insécurité alimentaire et amélioration de l’état de santé des élèves. Pour certains enfants, le repas servi à l’école reste parfois le plus important de la journée.
Au-delà de l’aspect social, le programme soutient également l’économie locale en privilégiant l’achat de produits auprès des petits producteurs, renforçant ainsi les liens entre agriculture et éducation. Avec Saber, les autorités entendent désormais franchir un cap : passer d’un dispositif d’assistance à une politique publique mieux structurée, mesurable et orientée vers des résultats durables.
Fahranarison




