La Conférence des Evêques de Madagascar (CEM) a publié un message sur la situation nationale, mercredi dernier, lu par son secrétaire général, Mgr Jean Claude Rakotoarisoa. L’institution religieuse y affirme que la concertation nationale ne doit pas être utilisée comme un instrument politique ou un moyen de conquête du pouvoir, mais plutôt comme un cadre de dialogue et de recherche de solutions durables pour le pays.
Selon la CEM, ce processus devrait reposer sur des principes fondamentaux tels que l’écoute mutuelle, la justice, la vérité et l’amour de la patrie, afin de permettre la mise en place de bases institutionnelles claires et partagées pour Madagascar.
Les évêques soulignent par ailleurs que la population continue de faire face à de nombreuses difficultés, notamment la hausse du coût de la vie, la corruption, l’insécurité, les luttes de pouvoir ainsi que les inégalités de développement entre les différentes régions.
Ils critiquent également la personnalisation excessive du pouvoir et certaines pratiques qu’ils estiment proches de celles du passé. Dans leur message, ils s’interrogent sur la direction réelle du processus de changement : «Où va le changement annoncé ?»
Selon leurs observations, aucun projet politique clairement défini ne semble encadrer la conduite actuelle de la transition, en dehors de la préparation de la concertation nationale et de la mise en place du calendrier de la période transitoire.
La CEM reconnaît néanmoins certains efforts des autorités, notamment en matière de souveraineté nationale, de réduction des coupures d’eau et d’électricité durant la première phase gouvernementale, de réhabilitation des routes, ainsi que dans les secteurs de l’éducation et de l’administration publique.
Sur le plan social, le message évoque également les difficultés des agriculteurs à écouler leurs productions et la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Les évêques dénoncent par ailleurs la persistance de pressions exercées contre certaines voix divergentes, estimant que cela soulève des interrogations sur la réalité du processus de changement.
Enfin, la CEM appelle les autorités à la prudence dans les décisions en cours afin de ne pas compromettre l’avenir du pays et des générations futures. Elle appelle également à la cohésion nationale et à l’unité, estimant que la concertation nationale doit rester un espace de dialogue et de refondation, et non un outil politique.
S.A




