L’hantavirus hante les esprits

Alors que la popu­lation mondiale est encore traumatisée par l’épidémie du coronavirus en 2020, les ris­ques de propagation du hantavirus commencent à s’incruster insidieusement dans la tête des gens. Quoi de plus normal quand on se remémore toutes les scènes morbides indissociables du coronavirus ?
Cette crainte s’explique par le fait que c’est un virus mortel et contagieux (par contact serré et permanent) avec un taux de mortalité évalué entre 25 et 38%, voire plus, ce qui est déjà considéré com­me très élevé. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un virus inconnu pour les autorités sanitaires sud-américaines.
Effectivement, il a déjà été identifié il y a une trentaine d’années sur le continent. C’est une maladie commune qui se transmet à partir des excréments de rongeurs (souris, …). Et pour vaincre toute éventuelle épidémie, il faut un isolement obligatoire de 45 jours de tout cas contact.
Le vrai problème est que pour l’instant, il n’existe pas de vaccin spécifique pour soigner l’hantavirus. Certes, on peut toujours effectuer des recherches très rapidement comme on l’a fait avec les vaccins contre le coronavirus. Mais en fin de compte, la perspective d’un sérum utilisable est encore loin­taine.
La raison est que l’hantavirus ne concerne que quelques personnes issues de quelques professions spécifiques attachées à la forêt (ornithologues, … ). Et pour cette raison, les cas d’infection peuvent être limités. Ce qui, en conséquence, intéresse peu les laboratoires de recherche, car le marché est peu ren­table.
D’ailleurs, on peut se poser des questions sur les résultats des recherches menées à la va-vite. Vont-ils être crédibles ? Aujourd’hui, on rencontre encore des problèmes avec les effets secondaires des vaccins contre le coronavirus qui ne sont pas encore définitivement résolus.
Sur place, il importe de savoir si on a déjà étudié la mise en place d’un protocole dans les hôpitaux dans l’éventualité de l’existence de cas contact au hantavirus. C’est une éventualité à ne pas totalement écarter dans la mesure où le dernier cas de propagation s’est déroulé à bord d’un bateau de croisière.
Et les bateaux de croisière, Madagascar en réceptionne de nombreux chaque année. Ce qu’il faut éviter avant tout, c’est d’en arriver à prendre des décisions extrêmes, telles qu’interdire les touchées des paquebots. Cela nuirait énormément à l’économie du pays.
Le moins qu’on puisse faire est de renforcer les contrôles sanitaires et notamment à l’égard des touristes qui veulent descendre à terre. Il est vrai qu’on est encore loin d’un danger, car le risque pour la santé publique nationale est encore très faible. Mais qu’on le veuille ou non, il faut reconnaître que l’hantavirus hante les esprits.

Ranaivo Lala Honoré

Partager sur: