L’émotion était à son comble, hier à l’aéroport international d’Ivato. La délégation malgache de natation a été accueillie en véritable héroïne après son sacre historique lors des 17èmes championnats d’Afrique à Oran. Avec un total de 5 médailles (1 d’or, 3 d’argent, 1 de bronze) et une pluie de nouveaux records nationaux, Madagascar signe sa plus belle performance continentale depuis près de quarante ans.
39 ans après l’icône Bako Ratsifandrihamanana, Jonathan Raharvel a ravivé la fierté nationale. À 23 ans, le nageur du Cosfa est devenu le premier champion d’Afrique senior malgache du XXIe siècle en dominant le 50 m brasse (28’’30). En plus de l’or, l’olympien de Paris 2024 a décroché l’argent sur 100 m brasse, confirmant son statut d’athlète d’exception.Le succès est collectif. La jeune Océane Rakotonanahary (15 ans) a ébloui l’assistance en devenant vice-championne d’Afrique Junior, brisant au passage un record national vieux de 35 ans. Le relais 4×100 m 4 nages masculin a également brillé en s’offrant l’argent, prouvant que Madagascar dispose d’un vivier de talents capables de rivaliser avec les 43 nations présentes.
Infrastructures accessibles toute l’année
Malgré ces exploits, le cri du cœur des athlètes reste le même qui est le manque de moyens. «Nous avons la force et le potentiel, mais la technique nécessite des infrastructures accessibles toute l’année», a souligné Vony Andrianantenaina, directeur technique national. Actuellement, nos nageurs ne s’entraînent que six mois sur douze, contre douze pour leurs concurrents.
Ce retour triomphal n’est pas seulement une célébration, c’est un appel à investir dans ces champions qui avec un mental d’acier ont prouvé que Madagascar a sa place au sommet de l’Olympe africain.
Soafara Pharlin




