Les arachides malgaches s’élancent à la conquête du marché chinois. La signature officielle d’un protocole phytosanitaire entre Madagascar et la République populaire de Chine ouvre désormais la voie à l’exportation des arachides malgaches vers l’un des plus grands marchés de consommation au monde. Cet accord booste ainsi une filière agricole récemment relancée et porteuse d’opportunités économiques.
L’ambassadeur de la République populaire de Chine à Madagascar, Ji Ping, a souligné le potentiel déjà observé des échanges entre les deux pays. «L’année dernière, les exportations malgaches d’arachides ont atteint 35.700 tonnes, pour une valeur de 15,05 millions de dollars américains», a-t-il déclaré. Ces chiffres illustrent l’intérêt croissant du marché chinois pour ce produit agricole de la Grande Île.
Jusqu’ici, les arachides malgaches étaient principalement exportées vers d’autres marchés asiatiques tels que la Thaïlande et le Vietnam. Le ministre malgache de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramino, indique cependant qu’un nouveau cap est franchi. «Aujourd’hui, la filière s’ouvre vers la Chine», a-t-il affirmé.
Pour ce responsable ministériel, il s’agit de mettre en avant une diversification stratégique des débouchés commerciaux. Cela est d’autant plus pertinent que Madagascar produit entre 60.000 et 70.000 tonnes d’arachides par an, dont plus de la moitié est destinée à l’exportation. Avec ce nouvel accès, les producteurs et transformateurs locaux de «Arachis hypogaea L.» espèrent renforcer leur présence sur les marchés internationaux.
Protocole phytosanitaire
Pour assurer la pérennité de ce partenariat commercial, les autorités malgaches misent sur le respect rigoureux des exigences sanitaires chinoises. Le ministère de l’Agriculture souligne que «l’exportation des arachides sera un pont commercial entre Madagascar et la Chine». Mais, il faut surtout sécuriser les chaînes d’approvisionnement, depuis les producteurs jusqu’aux opérations d’exportation.
L’arachide malgache a déjà satisfait à la norme chinoise GB 2761, qui fixe les seuils admissibles de mycotoxines dans les produits alimentaires. Sous la supervision de la Direction de la protection des végétaux, le dispositif prévoit des contrôles renforcés, des tests d’aflatoxines, ainsi que des opérations systématiques de tri, de criblage et de fumigation.
Ce mécanisme devrait ainsi garantir une traçabilité complète, de la parcelle agricole au consommateur final, tout en consolidant un corridor commercial prometteur entre Antananarivo et Pékin.
Arh.




