Transition énergétique: l’Allemagne explore le potentiel du graphite malgache

L’Allemagne accélère sa quête de matières premières stratégiques et tourne son regard vers Madagascar. La semaine dernière, une délégation de l’Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles (BGR) a mené une visite technique à la mine de Molo, dans le sud du pays. Cette mission a été menée afin d’évaluer la production locale de graphite.
Berlin veut réduire sa dépendance envers la Chine, acteur dominant du marché mondial. Désormais considéré comme une matière première critique par l’Union européenne, le graphite naturel reste indispensable à la fabrication des batteries de véhicules électriques. L’Allemagne voit ainsi le site de Molo comme «un actif de référence capable d’intégrer la chaîne d’approvisionnement européenne», selon les objectifs affichés par cette mission.
Le ministère malgache des Mines soutient également cette initiative. Le gisement, exploité par la société canadienne NextSource Ma­terials, figure parmi les rares fournisseurs de graphite naturel en paillettes de haute qualité hors de l’influence chinoise. Pour l’entreprise, «l’intérêt allemand confirme la solidité des relations industrielles avec l’Europe». Elle bénéficie déjà d’un contrat de dix ans avec Thyssenkrupp pour fournir entre 7.300 et 35.000 tonnes de graphite par an.
NextSource Materials veut aussi transformer localement le minerai en graphite purifié et revêtu destiné aux constructeurs automobiles. Grâce à des partenariats internationaux, le projet malgache pourrait devenir «un maillon essentiel de la nouvelle géopolitique des métaux critiques».

Arh.

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