Le poids économique non négligeable de l’arachide, a fait l’objet d’une étude dans le cadre de l’initiative VCA4D financée par l’Union européenne (UE). D’après les résultats présentés hier à l’Ecole Supérieur des Sciences Agronomiques (ESSA) à Ankatso, la valeur ajoutée générée dans le secteur d’arachide est estimée à 546 milliards d’ariary, soit 1,1% du PIB national et 7,3% du PIB agricole.
Cette étude rend compte du poids économique de cette filière. Madagascar produit près de 200.000 tonnes d’arachides en coque soit 140.000 tonnes décortiquées chaque année dont la moitié est exportée principalement vers les marchés asiatiques, notamment la Chine.
Récemment, l’Etat malgache et la Chine viennent de signer un protocole phytosanitaire autorisant l’exportation d’arachides malgaches, renforçant la position de la filière sur le marché de l’Asie. « Le littoral Ouest de Madagascar concentre la majorité de la production d’arachides», a fait savoir Patrick Daniel Ramananarivo, Chef d’équipe de développement rural au sein de la délégation de l’UE à Madagascar.
L’étude a également révélé que la culture et le commerce des arachides, constituent une importante source d’emplois dans les zones rurales. Elle mobilise près de 365.000 entrepreneurs et crée 343.000 emplois à temps plein. Et pas des moindres, la question de l’aflatoxine, une toxine cancérigène produite par certains champignons, également est considérée comme une priorité majeure.
«Sa maîtrise est cruciale pour protéger les consommateurs et renforcer la compétitivité des produits malgaches sur les marchés internationaux», a spécifié Patrick Daniel Ramananarivo.
Souveraineté alimentaire et entrée de devises
Actuellement, la filière reste largement tournée vers l’exportation de produits bruts. Plus de 50 % de la production nationale est destinée au marché chinois, tandis que la transformation locale de l’huile d’arachide est assez marginale. «Trouver un équilibre entre souveraineté alimentaire et entrée de devises, demeure un défi de taille à relever», a soulevé le Chef d’équipe de développement rural au sein de la délégation de l’UE à Madagascar.
A ce sujet, il a estimé qu’un développement de la transformation locale, notamment à travers une industrie semi-industrielle de trituration, permettrait d’améliorer la rentabilité et la consommation nationale.
Sur le plan environnemental, le rapport attire l’attention sur les risques liés à la déforestation avec l’extension des surfaces cultivables, la dégradation des sols due à la monoculture et les effets croissants du changement climatique. Les régions de Menabe, Atsimo Andrefana, Boeny et Androy figurent parmi les zones les plus exposées.
Face à ces enjeux, les auteurs de l’étude recommandent la mise en place d’une véritable politique nationale de l’arachide, couvrant à la fois le marché intérieur et les exportations. Ils insistent aussi sur la nécessité d’élaborer une stratégie claire pour la filière huile d’arachide, impliquant producteurs, transformateurs, secteur privé et autorités publiques.
Jean Riana




