Le développement rapide du commerce de rue dans les principales artères de la capitale, redéfinit profondément l’organisation économique urbaine. Sur les trottoirs et aux abords des zones à forte affluence, les activités informelles se multiplient, occupant progressivement l’espace public et modifiant les circuits traditionnels de consommation.
Cette dynamique s’accompagne d’un déséquilibre croissant entre commerce informel et structures organisées. Les centres commerciaux, soumis à des charges fixes et à des obligations fiscales, observent une érosion progressive de leur fréquentation, tandis que les vendeurs de rue bénéficient d’un accès direct à la clientèle, sans contraintes équivalentes.
Au sein d’Avance Center, cette crise est particulièrement perceptible. La fréquentation des consommateurs a largement baissé, estimée entre 55 et 60 %, contre environ 90 % auparavant. Plusieurs commerçants font également état de la fermeture de certains espaces de vente, conséquence d’une faible rentabilité suite à la baisse de la demande.
Selon Isabelle Ratsimbason, représentante des commerçants, la situation illustre un déséquilibre structurel du marché. « Les vendeurs de rue ne paient pas d’impôts et vendent librement, ce qui crée une concurrence difficile pour nous qui sommes dans le circuit formel », souligne-t-elle, en appelant à une meilleure régulation du secteur lors d’une rencontre avec la presse, samedi à Behoririka.
Elle insiste également sur la nécessité d’un assainissement de l’espace public : nettoyage des abords, réorganisation des activités informelles et intégration dans des espaces dédiés. Pour la porte-parole des commerçants, seule une intervention des autorités permettra de rétablir des conditions de concurrence plus équitables.
Fahranarison




