Voir le bon côté des choses

Beaucoup de gens pensent qu’avoir 5 000 kilomètres de côtes est une malédiction. C’est certainement l’une des raisons pour lesquelles on entre et on sort de Ma­dagascar comme dans un moulin. D’où les nombreux trafics de tous genres qui sont dé­noncés par le biais des médias.
Certes, arriver à surveiller des côtes longues de 5 000 km n’est pas chose aisée. Il faut avoir les moyens suffisants pour le faire. Et c’est ce qui manque au pays pour le moment. Autre­ment dit, beaucoup d’efforts sont à fournir par l’Etat dans ce sens.
Mais d’un autre côté, avoir des côtes aussi longues est une bénédiction. En effet, sur le plan économique, cela représente de nombreux avantage. Sans compter les nombreuses possibilités d’exploitation touristique, Madagascar possède une énorme Zone économique exclu­sive (ZEE).
Pour ceux qui ne le savent pas encore, selon sa définition, la Zone économique exclusive est un espace maritime sur lequel un Etat côtier exerce des droits souverains et économiques en matière d’exploitation et d’usage des ressources naturelles marines et du sous-sol.
En principe, la ZEE s’étend à partir de la ligne de base de l’Etat jusqu’à 200 miles ma­rins (environ 370 km) de ses côtes, au-delà de quoi, il s’agit des eaux internationales. Les ZEE sont définies par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.
Autrement dit, les ZEE représentent une extension stratégique de la souveraineté étatique sur les espaces maritimes. Ces zones sont de­venues des enjeux géopolitiques majeurs no­tamment en raison de la rivalité pour l’accès aux ressources marines et une source de conflit pour son contrôle.
C’est certainement l’une des raisons pour laquelle la rétrocession des Îles éparses par la France en faveur de Ma­dagascar rencontre des difficultés. D’autant plus que la Convention de Montego Bay prévoit l’extension des droits d’exploitation sur le sous- sol des ZEE et le sol du plateau continental.
Mais les avantages ne s’arrêtent pas là. Parmi les autres grands avantages et non des moin­dres est le fait qu’en tant que pays insulaire, Ma­dagascar n’a pas de frontière terrestre commune le séparant d’un Etat
voisin. Bien souvent, ces frontières, sont à la source de nombreux con­flits.
Les exemples ne manquent pas, notamment en Afrique. Ces conflits ont pour origine différentes raisons. Ils surviennent soit par convoitise sur des régions voisines riches en ressources naturelles, à cause de rivalités datant du temps de Mathusalem, ….
On ne pourra jamais énumérer toutes les raisons d’un conflit frontalier. Il peut même être incité par des pays tiers pour multiples raisons. Quoi qu’il en soit, quand on fait la comparaison des avantages et des inconvénients d’être une île, les avantages l’emportent. De toutes les façons, il faut toujours voir le bon côté des choses.

Ranaivo Lala Honoré

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