Le Groupement des entreprises de Madagascar (Gem) renforce son plaidoyer en faveur d’un environnement économique plus stable et transparent. En marge du forum « Gem Connect 2026 », hier au Bois Vert Ivato, l’organisation patronale a signé une convention avec Transparency International – Initiative Madagascar (Ti-MG) pour promouvoir l’intégrité dans le secteur privé. A cette occasion, le président du Gem, Francis Rabarijohn, a appelé à des réformes concrètes.
Face au Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et à plusieurs membres du gouvernement, le président du Gem a avancé que restaurer la confiance entre l’État et les investisseurs, s’impose comme priorité.
« La confiance ne se décrète pas. Elle se construit à travers des actes concrets et des engagements tenus », a-t-il déclaré.
Francis Rabarijohn a rappelé que les entreprises attendent davantage de stabilité et de prévisibilité. Selon lui, les investisseurs ont besoin de règles claires, notamment en matière fiscale, juridique et administrative. « S’il n’y a pas de clarification des règles du jeu, les investisseurs hésitent, voire abandonnent », a-t-il averti.
Le président du Gem a également formulé plusieurs requêtes précises. Il a demandé au gouvernement de respecter les accords conclus avec le secteur privé, notamment sur le dossier du Salaire minimum d’embauche (SME), dont certains compromis auraient été remis en cause. « Nous voulons que les accords conclus soient appliqués », a-t-il insisté.
Climat des affaires
Le Gem a aussi dénoncé des dysfonctionnements touchant le climat des affaires. Francis Rabarijohn a évoqué les difficultés de remboursement des crédits de TVA de plusieurs entreprises exportatrices et la situation judiciaire de certains administrateurs du Gem impliqués dans la gestion de la Cnaps. Il a appelé à plus de clarté et de cohérence institutionnelle.
Sur le terrain de la gouvernance, le patronat réclame un renforcement de la lutte contre la corruption, la fraude fiscale et la concurrence déloyale. « La justice fiscale n’est pas encore une réalité ressentie par les opérateurs », a regretté le président du Gem. Il dénonce surtout l’impunité de certains fraudeurs.
En réponse, le Premier ministre a réaffirmé l’engagement de l’État à combattre toutes les formes de corruption qui fragilisent le monde des affaires. « La confiance des investisseurs ne sera pas acquise tant que la corruption persistera dans les administrations, la justice ou les marchés publics », a-t-il reconnu, en appelant les opérateurs à signaler les abus.
Dans ce contexte, selon la directrice exécutive de Ti-MG, Mialisoa Randriamampianina, « la convention signée entre le Gem et Ti-MG vise à promouvoir l’éthique des affaires, à renforcer les mécanismes de conformité et à encourager les dispositifs de signalement ».
Arh.




