« Ce geste amical de la Russie démontre que nous sommes un partenaire fiable », selon Alexeï Buriak, chargé d’affaires de la Fédération de Russie, qui n’y est pas allé par quatre chemins pour annoncer l’ambition russe à Madagascar. En présence du président de la Refondation, Michaël Randrianirina, et du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, il a remis, hier à la base militaire d’Ivato, un important lot d’équipements destinés à la gestion des conséquences du passage des cyclones Fitia et Gezani.
En présence des représentants du ministère de la Défense russe, Alexeï Buriak a insisté sur la capacité et surtout la volonté de la Russie d’apporter un soutien aussi bien militaire que civil à Madagascar. Comprenant un bulldozer à chenilles, un chargeur sur roues, une grue mobile, une pelle mécanique, des groupes électrogènes et des unités portatives de traitement de l’eau, ces équipements s’ajoutent aux aides d’urgence russes remises aux mois de février et mars.
La nouvelle livraison d’équipements russes intervient dans un contexte où la coopération militaire entre Moscou et Antananarivo fait régulièrement l’objet de débats au sein de la classe politique et de la société civile malgaches. En effet, la Russie participe activement à la formation et à l’instruction des forces armées malgaches depuis l’avènement du régime de la refondation.
Polémiques
La remise de blindés à chenilles russes aux Forces armées malgaches, le 1er avril, a particulièrement cristallisé les débats. Une partie de l’opinion souligne que Madagascar ne fait face à aucune menace militaire extérieure directe et que les principaux défis sécuritaires concernent davantage l’insécurité rurale liée aux dahalo ou la surveillance des espaces maritimes.
Pour rappel, lors de sa visite à Moscou le 29 mai, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a discuté avec la Sberbank russe de projets relatifs à la santé, l’éducation, au tourisme et aux technologies numériques, notamment la fourniture d’équipements médicaux, la formation de professionnels de santé, l’apprentissage collaboratif pour les jeunes et l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la cybersanté et l’éducation.
Reste à savoir si ces offensives sociales et humanitaires russes suffiront à faire oublier la polémique des chars. Elles pourront en tout cas améliorer l’image de la Russie, mais ne dissipant pas totalement les questions soulevées depuis plusieurs mois sur les dimensions stratégiques et politiques de cette relation en pleine expansion.
Tivo Rasam




