Alors que le football malgache retient son souffle en attendant le retour des Barea sur leur terrain fétiche, la société anonyme Kianja Barea Mahamasina (KBM) choisit d’ouvrir la piste d’athlétisme en tartan au grand public. Une décision « controversé » ne prenant pas en compte la priorité la plus absolue qu’est l’homologation Caf du stade. Doit-on vraiment ouvrir les portes quand le stade n’est toujours pas aux normes ? La question mérite d’être posée sans détour.
Depuis plus de quatre ans, la sélection nationale évolue en exil. Ce handicap majeur prive les Barea d’un atout précieux : l’avantage du terrain, la ferveur du public et cette alchimie si particulière qui fait trembler les visiteurs au Stade Barea. Les éliminatoires de la Can 2027 risquent fort de se disputer encore loin d’Antananarivo. Avec l’état actuel de la pelouse et l’ouverture prochaine de la piste en tartan, il ne faut pas se voiler la face : une remise aux normes cette année relève du miracle.
Au lieu de concentrer tous les efforts sur la rénovation du rectangle vert, on s’attarde sur des activités périphériques. La piste d’athlétisme, certes belle et neuve, ne remplacera jamais une pelouse homologuée Caf. Le gazon hybride annoncé en grande pompe par le ministre de la Jeunesse et des Sports au mois de mai, semble aujourd’hui relégué aux oubliettes.
Après un début de mandat très entreprenant sur le dossier Barea, l’actuel locataire du ministère s’est muré dans un silence assourdissant. Qui pilote réellement la remise aux normes ? La KBM ou le ministère ? L’incohérence saute aux yeux. Pendant que le MJS affiche son objectif clair d’obtenir l’homologation, la société anonyme prend l’initiative d’ouvrir le stade aux joggeurs et aux amateurs de footing.
Pas de recul
Contacté, le directeur général du KBM a tenu à apporter des clarifications. Le conseil d’administration n’a pas encore fixé les tarifs d’accès au tartan. La grille évoquant 2.000 ariary de l’heure pour les étudiants et 5.000 pour les travailleurs, n’était qu’une proposition interne destinée à un test. Sa fuite prématurée sur les réseaux sociaux a fait le reste.
Une période d’un mois d’utilisation gratuite sera d’ailleurs ouverte à tous, sous conditions, avant la mise en place d’un accès payant. Les athlètes engagés dans des compétitions nationales ou internationales continueront, eux, à bénéficier d’un accès gratuit. Le tartan importé, exigera un entretien rigoureux et des interventions d’experts en cas de dégradation.
La situation pose un vrai dilemme. Ouvrir le tartan permet de rentabiliser l’infrastructure et de redonner vie à l’enceinte Mahamasina, désertée depuis trop longtemps. Mais à quel prix ? Quand la priorité reste l’homologation Caf, ce choix risque d’apparaître comme une diversion. La pelouse continue de souffrir, le temps passe et les Barea restent condamnés à l’errance.
Naisa




