Les organisations de la société civile (OSC) malgaches incluant le Craad-Oi, le Collectif Tany, l’association Femmes en Action Rurale de Madagascar (Farm) et le Réseau des Jeunes pour le Développement Durable (RJDD), dénoncent un manque de clarté entourant la conclusion de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne (UE) et quatre États d’Afrique orientale et australe (AfOA) dont Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles.
Elles déplorent notamment l’absence de consultation des acteurs de la société civile et des organisations paysannes depuis 2022. Selon elles, ce déficit de concertation prive les principaux intéressés de la possibilité de faire entendre leurs préoccupations sur des questions jugées essentielles pour l’avenir de l’agriculture malgache.
D’après elles, les dispositions relatives à la protection des semences et aux droits de propriété intellectuelle, pourraient limiter les pratiques traditionnelles des agriculteurs, notamment la conservation, la réutilisation et l’échange des semences. La hausse des coûts de production agricole et le renforcement de l’influence des grandes entreprises semencières au détriment des petits producteurs, figurent également parmi les craintes soulevées.
A cet effet, les OSC ont formulé des revendications, entre autres, la demande de transparence sur le contenu de l’accord, la reconnaissance des semences locales comme un bien commun à préserver et la garantie du droit des agriculteurs à conserver, reproduire et échanger librement leurs semences. Les autorités malgaches sont également appelées à veiller à ce que les décisions prises dans le cadre de cet accord, prennent en considération les intérêts des populations rurales, ainsi que les impératifs liés à la sécurité alimentaire.
Jean Riana




