Après plusieurs semaines de revendications, les Organisations de la société civile (OSC) malgache lancent finalement leurs concertations régionales sur la refondation du pays. Les premières rencontres auront lieu ce jour, dans les régions Amoron’i Mania et Sofia, jusqu’au 18 juin. Cette démarche illustre l’évolution de leur position, sans pour autant abandonner leurs exigences en matière de réformes institutionnelles et de gouvernance.
Allant dans ce sens, prendre part au processus de la Concertation nationale, n’est pas un chèque en blanc envoyé aux autorités. Les organisations de la société civile entendent participer pleinement à ces rendez-vous et comptent maintenir la pression en faveur des réformes structurelles.
Dans un «Manifeste citoyen pour l’intégrité de l’État», plusieurs organisations et collectifs de citoyens, dont Transparency International Initiative Madagascar et Gen Z Madagasikara, dénoncent des mécanismes de capture de l’Etat qui, selon elles, continuent d’affaiblir les institutions publiques et compromettre les services d’intérêt général.
Le document a fixé une liste de dix réformes prioritaires parmi lesquelles figurent l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information publique, la transparence des grands contrats engageant l’État, la réforme du financement de la vie politique, le renforcement de l’indépendance de la justice…
A travers ce manifeste, les signataires rappellent que les débats en cours ne devraient pas se limiter à une simple révision des institutions. Ils estiment que la réussite de toute réforme dépendra de la capacité des futurs dispositifs à prévenir les conflits d’intérêts, renforcer la redevabilité des responsables publics et garantir une participation effective des citoyens aux décisions pour leur avenir.
Dialogue
Pour rappel, le 28 avril, plusieurs OSC ont exprimé leurs réticences à rejoindre un processus jugé trop unilatéral. Dans une déclaration commune, elles avaient appelé à une transition concertée, transparente et inclusive, tout en réclamant l’organisation préalable d’une pré-concertation nationale destinée à définir collectivement la feuille de route de la refondation. Elles proposaient notamment l’élaboration d’une «Charte de la transition pour les réformes» devant servir de cadre consensuel au processus.
Près de deux mois plus tard, les revendications n’ont pas été satisfaites. Pourtant, les OSC ont choisi d’organiser leurs concertations sectorielles. Ce changement d’attitude semble trouver son origine dans l’évolution de la méthode avec le retour au premier plan du Conseil des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) qui prône le dialogue, l’écoute et la recherche du consensus.
Tivo Rasam




