La conférence de l’École d’état-major (EEM), édition 2026, s’est ouverte hier à l’Auditorium Havoria à Anosy et se poursuit aujourd’hui. Placée sous le thème « Les Forces armées face aux menaces hybrides : défis stratégiques et perspectives pour Madagascar », cette rencontre réunit les principaux acteurs des Forces de défense et de sécurité afin de réfléchir aux nouvelles formes de menaces qui pèsent sur le pays.
Selon le général de division Pikulas Demosthène, chef d’Etat-major des armées, cette conférence constitue un cadre privilégié de réflexion et d’échanges pour les officiers supérieurs. Des représentants de l’Armée malgache, de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale ont ainsi été conviés à y participer. Il a souligné que les défis actuels ne peuvent être affrontés de manière isolée et que la coopération entre les différentes composantes de la sécurité nationale demeure essentielle.
Le haut responsable militaire a également insisté sur la nécessité pour les Forces armées de s’adapter à un environnement en constante évolution. Dans cette optique, Madagascar renforce ses partenariats avec plusieurs armées étrangères tout en poursuivant ses efforts de modernisation et d’équipement.
Pour sa part, le colonel Mamiarivelo Jacqueliat Rabenjarison, directeur de
l’École d’Etat-major, a expliqué que le choix du thème répond à l’évolution rapide des menaces contemporaines. Selon lui, les menaces hybrides, qu’elles soient sécuritaires, économiques, technologiques ou informationnelles, imposent une réflexion stratégique approfondie afin d’identifier les réponses les plus adaptées. Les travaux de la conférence devront ainsi permettre de dégager des recommandations destinées au commandement militaire.
Les menaces ne sont plus seulement militaires
Au cours des panels, le général de corps d’armée Richard Rakotonirina, ancien ministre de la défense nationale, a rappelé que «les menaces d’aujourd’hui ne sont plus seulement militaires : elles sont diffuses, économiques et informationnelles». Dans un contexte international marqué par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté, il a souligné l’importance pour les États de développer leur capacité d’anticipation et d’analyse.
Les discussions ont également porté sur les fragmentations géoéconomiques et leurs conséquences sécuritaires. Selon le conférencier, les dépendances liées à l’énergie, aux ressources stratégiques et aux technologies constituent désormais de nouvelles vulnérabilités. La compréhension des enjeux de sécurité passe ainsi par une approche globale intégrant l’économie, la géopolitique et la défense.
Pour Madagascar, situé au carrefour de l’océan Indien, le général de Corps d’armée Richard Rakotonirina a mis en avant la nécessité de bâtir une autonomie stratégique capable de transformer la position géographique du pays en atout. Face aux répercussions locales des crises internationales, la conférence entend contribuer à une meilleure préparation des décideurs et des forces de sécurité aux défis de demain.
Mparany




