Projet Vara Mada: Washington pousse, contestations au niveau local

La visite à Antananarivo d’une délégation américaine de haut niveau, la semaine passée, relance les débats dans le dossier Vara Mada. Après plusieurs mois de discussions diplomatiques discrètes, Washington semble désormais envoyer des signaux de plus en plus explicites sur l’importance qu’il accorde à ce projet minier stratégique.

Sans évoquer publiquement une quelconque pression, les Etats-Unis multiplient néanmoins les démarches qui témoignent d’un intérêt croissant pour l’avenir du projet de Ranobe. Le dossier figurait parmi les sujets de discussion lors des échanges entre la délégation composée de Nick Checker, sous-secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires africaines, de Christopher Kulu­kundis, haut conseiller pour l’Afrique, et les autorités malgaches.
Pour Washington, les raisons de cet intérêt dépassent largement le cadre économique. Porté par le groupe américain Energy Fuels, Vara Mada représente le plus important investissement américain à Madagas­car. Mais surtout, le projet concerne l’exploitation de terres rares, des ressources stratégiques pour l’industrie technologique, la transition énergétique et les secteurs de la défense.

Pression populaire
De leur côté, les opposants au projet continuent de faire entendre leur voix en fin de semaine. Dans plusieurs localités concernées par le projet, notamment
à Ankilimalinika, Ranobe, Tsianisiha, Tsiafanoky ou Benetsy, des habitants ont organisé des manifestations pour réaffirmer leur refus du projet. Pour les contestataires, le débat dépasse largement les considérations économiques. Ils estiment que certaines richesses naturelles ne peuvent être remplacées et que leur disparition représenterait une perte définitive pour les générations futures. Les baobabs constituent à leurs yeux un patrimoine national, mais également une ressource touristique et environnementale essentielle pour les populations locales.
Mais, pour les partisans du projet, les bénéfices po­tentiels sont considérables. Selon le député Roland Ratsiraka par exemple, Vara Mada pourrait générer près de 130 millions de dollars de recettes fiscales annuelles, en plus de créer des milliers d’emplois directs et indirects.

Tivo Rasam

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