Contrepartie 

L’octroi d’une indemnité de logement aux fonctionnaires et de craie aux enseignants a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique.
Il faut d’abord reconnaître une réalité souvent oubliée : les fonctionnaires constituent l’épine dorsale de l’administration publique. Ce sont eux qui assurent le fonctionnement des écoles, des centres de santé, des collectivités territoriales, des services de sécurité ou encore des ministères. Pendant de nombreuses années, leurs revendications relatives aux conditions de travail et à la rémunération ont été peu entendues. Dans ce contexte, les mesures récemment annoncées apparaissent comme une forme de reconnaissance. Et tant mieux.
Cela étant, il serait donc injuste de présenter ces mesures comme de simples privilèges accordés à une catégorie de citoyens. Un État moderne a le devoir d’offrir à ses agents des conditions de travail décentes.
Cependant, cette reconnaissance doit s’accompagner d’une exigence tout aussi importante : celle de la redevabilité. Les avantages accordés par l’État doivent se traduire par une amélioration tangible du service rendu aux citoyens. Car au bout du compte, ce sont les contribuables qui financent ces dépenses publiques.
Tout le monde attend des administrations plus efficaces, des délais de traitement plus rapides, un meilleur accueil dans les bureaux publics et une plus grande disponibilité des agents. Les parents d’élèves espèrent aussi une amélioration de la qualité de l’enseignement. Chaque ariary dépensé doit produire des résultats concrets au bénéfice de la population.
En gros, l’État a fait un pas vers ses agents. Il appartient désormais aux fonctionnaires de faire un pas vers les citoyens. C’est dans cet équilibre entre reconnaissance et redevabilité que se construit une administration moderne, efficace et respectée.

Rakoto

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