Face à la grève des taxi-be, la décision du pouvoir central de répliquer par la mise en service de quelques bus qui ont été parqués à Iavoloha depuis quelques mois a permis de débloquer une situation qui aurait pu mal tourner. La paralysie du transport urbain aurait pu avoir de graves conséquences.
Certes, s’il n’y avait pas ces bus, l’Etat aurait pu procéder à une réquisition des taxi-be privés. Mais cela n’aurait pas été la solution rêvée car elle aurait risqué de ternir l’image du pouvoir en place. Autrement dit, la disponibilité de ces bus a complètement sapé les actions des transporteurs privés.
Dans cette affaire, il faut faire la part des choses. Bien évidemment, les revendications des transporteurs de ne pas appliquer les sanctions sont inacceptables comme l’a déclaré le directeur général de la police nationale. D’ailleurs, l’opinion publique s’est rangée derrière lui par le biais des réseaux sociaux.
La raison est que les chauffeurs et les receveurs des taxi-be ont trop tendance de ne faire qu’à leur guise. Combien de taxi-be respecte à la lettre les cahiers de charges ? Le plus révoltant est de voir les passagers débarqués, presque de force, sans qu’ils soient arrivés à leur destination finale.
C’est bien fréquent car cela arrive sur toutes les lignes, mise à part quelques rares coopératives. On n’aurait pas assez de place pour citer toutes les infractions commises par les taxi-be. Et tous les jours, la population ne cesse de râler sur leur comportement.
Pour qu’une telle situation ne se renouvelle plus dans l’avenir, il faut que l’Etat reprenne en mains tout le transport urbain dans toutes les grandes villes du pays. Ce fut une erreur d’avoir abandonné totalement au profit du privé tout le système de transport urbain.
Pour le privé, seul importe le profit, tout au contraire d’un service public qui ne penserait qu’à satisfaire les attentes des usagers d’un transport public digne de ce nom. Et qu’on le veuille ou non, ces attentes sont légitimes dans la mesure où ils n’ont jamais refusé de payer les frais de transport fixés par les transporteurs.
Personne n’a jamais demandé la gratuité des transports publics bien que cela soit une réalité dans d’autres pays. Bien évidemment, il sera difficile de faire table rase de tous les privés qui se sont déjà investis dans le transport urbain. Cela pourrait créer une tension hautement dangereuse pour le pouvoir.
Mais toujours est-il qu’il est possible d’agir judicieusement et pas à pas. On pourrait commencer par quelques nouvelles lignes ou bien remplacer totalement les coopératives dont la défaillance est flagrante (insuffisance du nombre de véhicules pour assurer une couverture convenable de la demande, véhicules en état de délabrement avancé ne garantissant ni la sécurité ni le confort des usagers, …).
Le transport urbain, en tant que service public, doit être assuré par l’Etat. C’est dans cette condition seulement qu’on peut espérer que le transport public en place a pour objectif d’assurer le déplacement de la population en toute sécurité et avec le maximum de confort, c’est-à-dire, dans les meilleures conditions.
Ranaivo Lala Honoré




