On ne sait plus combien de cas d’intoxications alimentaires de masse ont été enregistrés depuis le début de l’année. Tout ce qu’on peut dire c’est qu’il y en eu beaucoup. Quoiqu’on n’ait pas tenu un compte exact des cas, on peut être sûr que le nombre total de victimes est effarant. La macabre célébration d’anniversaire d’Ambohimalaza, l’année dernière, est toujours dans l’esprit de tous.
Cette fois-ci, l’incident s’est déroulé à Andranoro Antehiroka. Le bilan est lourd : 67 personnes ont été hospitalisées pour cause d’intoxication alimentaire. Comme dans beaucoup de cas, c’est l’huile alimentaire ou les œufs utilisés qui seraient mis à l’index. Qu’on le veuille ou non, cela engage beaucoup de responsabilités, des vendeurs jusqu’aux consommateurs finaux en passant par les utilisateurs de produits. Nul besoin de chercher un bouc émissaire en particulier.
Les commerces sont responsables car ils doivent s’assurer que les produits qu’ils ont mis en vente sont frais et ne présentent aucun danger pour ceux qui vont les consommer. Dans le cas contraire, ils doivent
se défaire du moindre produit douteux. Autrement, ils doivent être sanctionnés s’il s’avère effectivement que les produits viennent effectivement de là en mettant en danger la vie d’autrui.
Et même, en attendant le verdict final des différentes analyses qui seront certainement diligentées, on peut toujours recourir à leur fermeture temporaire. Cela permettra de limiter, un tant soit peu, le nombre de victimes. Il faut qu’ils soient conscients qu’en vendant des produits périmés, ils empoisonnent tous les clients potentiels.
Pour les restaurateurs de toutes les catégories, le respect des règles d’hygiène dans la préparation des aliments ne permet aucune tolérance. Qu’ils n’oublient jamais que c’est la vie des gens qu’ils tiennent entre leurs mains en leurs servant des produits avariés. Ainsi, ils doivent s’assurer que les produits dont ils disposent sont frais et ne présentent aucun danger pour les clients.
Le chiffre d’affaires et le profit ne doivent pas leur faire oublier leur responsabilité. L’Etat et en particulier les responsables de la consommation, sont également responsables. Leur rôle est de contrôler la consommabilité de tous les aliments, qu’ils soient importés ou fabriqués sur place. Trop de vie en dépend.
Enfin, les consommateurs n’en sont pas moins responsables de ce qui leurs arrive. C’est de leur santé voire de leur vie dont il est question. Il ne faut pas surtout manger n’importe où et bien évidemment n’importe quoi. Dans la mesure du possible, il faut bien faire le choix de l’endroit où on va manger et qu’est-ce qu’on va manger.
La sagesse serait que l’on ne consomme que ce que l’on a préparé soi-même. Tout au moins, on est averti et on ne pourra s’en prendre qu’à soi-même. Bien sûr, ce n’est pas toujours possible. Mais tout au moins, dans le moindre doute, il vaut mieux s’abstenir de consommer quoi que ce soit, car au moindre incident, nous sommes tous responsables.
Ranaivo Lala Honoré




