Gem, syndicats, délestage, inflation…

Alors qu’il a réussi à désamorcer la grève des taxi-be, le gouvernement ne bénéficie d’aucune trêve. Alors que les cérémonies officielles sont censées porter un message d’unité nationale, plusieurs fronts de tension ne lui donnent aucun répit. Inflation persistante, retour du délestage, rupture du dialogue avec le patronat et ultimatum syndical, mettent l’Exécutif sous pression.
Sur le plan économique, le gouvernement doit faire face à la rupture du dialogue avec le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) qui a annoncé la suspension immédiate de la participation de ses représentants aux instances de gouvernance de l’Etat et aux cadres de dialogue public-privé. Cette décision intervient dans le contexte de l’affaire CNaPS-SMGD, où cinq administrateurs représentant le groupement patronal sont mis en cause.
Les conséquences pourraient être lourdes. Le dialogue public-privé est essentiel pour traiter des dossiers sensibles comme le salaire minimum d’embauche, la fiscalité, la TVA, le remboursement des crédits de TVA, la concurrence déloyale ou encore la protection du secteur formel. Sans espace de discussion crédible, les entreprises risquent d’adopter une attitude plus prudente en matière d’investissement, tandis que les investisseurs et les partenaires internationaux pourraient percevoir une dégradation du climat des affaires.
De leur côté, des travailleurs du secteur privé s’impatientent également. La plateforme syndicale Randrana Sendikaly a lancé un ultimatum au gouvernement, en réclamant la publication du décret portant le salaire minimum de base à 360.000 ariary. Elle demande également la nomination du directeur général de la CNaPS, la mise en place des comités de gestion des SMIE et la revalorisation des pensions des retraités affiliés à la caisse de prévoyance sociale.
A Antananarivo et dans plusieurs zones périphériques, on observe le retour discret du délestage en cette période d’étiage des cours d’eau. Les usagers dénoncent effectivement des coupures répétées et des baisses de tension qui perturbent les activités économiques, les commerces, les services et la vie domestique.
Pour l’ensemble de la population, le principal sujet d’inquiétude reste le pouvoir d’achat. Les spécialistes estiment effectivement l’inflation autour de 9 %. Cette hausse continue des prix pèse lourdement sur les ménages, déjà confrontés à la hausse des prix des produits de première nécessité malgré la baisse du prix du riz. Pour une grande partie de la population, la fête nationale intervient donc dans un contexte de difficultés quotidiennes, où les dépenses essentielles absorbent une part croissante des revenus.
Ainsi, derrière les drapeaux, les discours officiels et les célébrations, le 26 juin se déroule dans un climat de crispations. Le gouvernement doit composer avec une population éprouvée par la hausse des prix et les coupures d’électricité, un patronat qui suspend le dialogue, et des syndicats prêts à durcir le ton.

Tivo Rasam

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