Virage numérique. Face aux défis climatiques et économiques, Madagascar a développé une nouvelle infrastructure numérique agricole, destinée à mieux accompagner les producteurs.
Les 29 et 30 juin à Antananarivo, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (Miasa), avec le ministère de l’Élevage (Minel) et le ministère du Développement numérique (MNDPT), a officiellement lancé l’Infrastructure Publique Numérique Agricole (IPNA), qui s’articule autour de trois axes stratégiques.
Le premier consiste à élaborer un annuaire national des producteurs, couplé à un système de suivi des prix agricoles. La deuxième porte sur un dispositif d’alerte météorologique actualisé en temps réel. Et le troisième propose une plateforme de conseils agricoles personnalisés, adaptés aux réalités locales.
L’enjeu est de taille. Près de 80 % des Malgaches vivent directement ou indirectement de l’agriculture. Pourtant, le secteur reste freiné par une faible productivité, un accès limité aux services agricoles, des difficultés d’écoulement des produits et une forte exposition aux chocs climatiques.
Le durable
Réunis à l’hôtel Carlton d’Anosy, responsables publics, chercheurs, opérateurs privés, partenaires techniques et organisations paysannes ont défini les bases d’un système numérique national interopérable et sécurisé. Soutenue par la Banque mondiale, cette infrastructure vise à mettre fin à la dispersion des outils existants et à centraliser les données stratégiques du secteur.
Le ministre de l’Agriculture, Gaëtan Ramindo, a placé cette réforme au cœur des priorités nationales. «L’agriculture demeure le premier secteur d’activité de notre pays. Elle nourrit notre population, fait vivre des millions de familles et constitue un pilier de notre économie», a-t-il déclaré.
«Notre objectif n’est pas de numériser pour numériser. Le numérique doit servir les producteurs, améliorer l’accès à l’information et renforcer les capacités d’anticipation face aux risques climatiques», a-t-il expliqué.
Pour Gaëtan Ramindo, la réussite de cette transformation repose sur une mobilisation collective et ne dépend pas uniquement de la technologie. Elle dépend avant tout de notre capacité à travailler ensemble.
Arh.




