Alors qu’un déplacement international se prépare bien en amont, comme le savent tous les techniciens rompus aux tournées estivales, la Fédération Sport Boules Malagasy (FSBM) semble avoir oublié cette règle de base malgré son expérience accumulée. Résultat : un véritable zéro pointé administratif.
La sélection nationale masculine sera le grand absent du Mondial la Marseillaise, qui s’ouvre ce dimanche sur les terrains français. Lova et Tonnerre, les deux vainqueurs de l’édition 2025, restent à quai à Antananarivo, privés de la possibilité de défendre leur couronne.
Seul Yves, évoluant dans l’Hexagone, portera les couleurs malgaches parmi les tenants du titre. Pour le reste, c’est rideau. La délégation officielle n’a pas obtenu les visas nécessaires, transformant ce qui devait être une campagne d’été ambitieuse en un fiasco retentissant. Sur le carreau international, l’absence d’une nation aussi talentueuse que Madagascar crée un vide que les observateurs ne manqueront pas de souligner.
Face à cette situation, la FSBM a publié un long communiqué qui sort largement du cadre administratif pour prendre une tournure politique. Au lieu d’apaiser les esprits et d’assumer ses responsabilités dans la préparation du dossier, la fédération préfère pointer du doigt «certaines institutions» et rappeler l’intérêt supérieur de la nation. Un texte empreint d’une vive inquiétude, certes, mais qui sent la mauvaise foi à plein nez.
Alors que certains clubs semblent bénéficier d’un accompagnement efficace pour leurs déplacements internationaux, la FSBM et ses représentants rencontrent encore des difficultés dans les démarches nécessaires relatives à leur participation aux compétitions à l’étranger. Depuis plusieurs semaines, la Fédération multiplie les efforts et les sollicitations, mais en vain.
«Cette situation fait peser un risque réel sur la présence de Madagascar à la prestigieuse compétition de «La Marseillaise», où nos joueurs étaient appelés à défendre un titre remporté avec mérite et honneur l’an dernier. […] La pétanque n’appartient ni à un club, ni à une institution, ni à un groupe d’intérêts particulier, elle appartient à tous les Malgaches», souligne la FSBM.
Pas droit
Le message est clair ! La FSBM se pose en victime d’un traitement inégal. Pourtant, les faits contredisent cette posture. Les joueurs du club UBMT ont bel et bien obtenu leurs visas et foulent déjà le sol français à l’heure où ces lignes sont écrites. Ce contraste criant entre la délégation nationale et un club «privé» jette une lumière embarrassante sur la gestion fédérale. Comment expliquer que d’autres structures arrivent à pointer juste dans les méandres administratifs quand la sélection officielle tire à côté ?
En multipliant les appels solennels, au dialogue et à la préservation de «l’honneur de la pétanque malgache», un patrimoine commun, dixit le texte, la FSBM évite soigneusement d’évoquer ses propres manquements dans le suivi des démarches. Au lieu d’un mea culpa franc et d’une analyse technique des dysfonctionnements, on préfère agiter le drapeau et le rayonnement national. Une stratégie qui risque d’envenimer les relations plutôt que de débloquer la situation.
Naisa




