Y laisser des plumes

Très prochainement va se tenir la « Foire aux crédits et investissements ». Le thème est certes très encourageant dans la mesure où, à Madagascar, les difficultés d’accéder aux crédits et aux investissements constituent l’une des raisons ma­jeures freinant le développement des entrep­rises.
Cette fois-ci, on par­le de foire. Et qui dit foire, laisse entendre un évènement où on peut trouver une grande variété de produits. Mais il ne s’agit pas seulement d’abondance de produits. Dans une foire, il est généralement proposé aux participants une large gamme de produits accessibles à toutes les bourses.
Serait-ce le cas dans le cadre de cette foire aux crédits et investissements ? Il est difficile de le croire. D’aucuns ignorent les difficultés rencontrées pour pouvoir bénéficier d’un crédit d’une institution financière. Bien souvent, on exige aux demandeurs de crédit toutes sortes de garanties.
Et c’est là que le bât blesse. On sait trop bien que les jeunes promoteurs manquent de ré­pondant. Et le fameux dicton « on ne prête qu’aux riches » semble prouver ici tout son fondement. Et ce n’est pas pour rien qu’on avance que ce sont les mêmes qui profitent des mannes financières.
Bien évidemment, quand on approche ces institutions financières, on vous répondra toujours que les garanties importent peu, que c’est la viabilité du projet qui compte. Mais en réalité, bien rares sont celles qui prêtent de l’argent sans des garanties solides même avec un dossier bien ficelé.
L’absence de garanties suffisantes ne constitue pas le seul obstacle pour accéder à un crédit. Il faut également tenir compte du taux pratiqué par les institutions financières de toutes sortes. Dans sa globalité, les taux pratiqués par les insti­tutions financières sont considérés comme prohibitifs.
Bien sûr, chaque établissement de crédit a sa clientèle privilégiée. Et cette dernière peut obtenir des crédits à des taux préférentiels. Et cela concerne aussi bien les institutions financières de microfinance qui ont pour vocation première d’apporter un soutien financier aux petites et très petites entreprises.
Malgré des garanties consistantes et réelles (hypothèque, nantissement de matériels, …), les taux pratiqués par ces institutions financières frôlent les 20% l’an. Dans ces conditions, il est difficile pour le petit promoteur de s’endetter car il aura les plus grandes difficultés pour rembourser ne serait-ce les intérêts, sans compter le capital.
En quelque sorte, on a affaire à un cercle vi­cieux. Pour pouvoir se développer, le promoteur doit s’endetter. Et une fois engagé, il se trouve entrainé dans une spirale d’où il ne peut plus se dégager. Il arrive que le poids de ses dettes est tel qu’il risque finalement d’y laisser des plumes.

Ranaivo lala Honoré

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