Excès de zèle

Certes, il faut reconnaître qu’aujourd’hui, il y a moins de cortèges d’officiels dans les rues de la Capitale. Donc, il y a moins de perturbations dans la circulation de la Ville des Milles. Il fut un temps où le ballet des cortèges officiels mettait les usagers de la route en rogne.
Mais toujours est-il que le comportement et les manières des agents d’escorte des hautes personnalités ne changent guère. Ils agissent comme si la rue leurs appartenaient à eux-seuls sans considération aucune pour les autres usagers. Or, à la longue, ces agissements peuvent avoir des conséquences négatives.
Ne peut-on pas agir d’une manière plus civilisée à l’égard des simples citoyens qui ont tout de même leurs droits de circuler librement ? C’est la mésaventure vécue par un automobiliste particulier qui roulait en sens contraire d’un cortège officiel. Il n’y avait aucun embouteillage.

Quand soudain, l’une des voitures d’escorte est sortie du cortège pour se placer devant la voiture particulière, pour l’arrêter. Alors, les injures ont plu. Pourtant, l’automobiliste particulier roulait très lentement et respectait les consignes. La preuve, ses roues sur le côté droit étaient déjà montées sur le trottoir.
C’était des injures qui ne pourront jamais être transcrites dans le texte tellement elles sont infamantes. Le faire risquerait à son auteur d’être traîné devant les tribunaux pour différents motifs. Bien évidemment, les enfants qui se trouvaient dans la voiture particulière pourraient en être traumatisés toute leur vie.
Il faut savoir que la courtoisie ne s’achète pas. On peut être strict, voire très strict dans l’exécution des ordres. Mais on peut toujours rester poli. Et c’est la moindre des choses à respecter vis-à-vis de cette population qui, faut-il le rappeler, trime chaque jour afin de pouvoir payer ses impôts qui serviront à rémunérer ces hommes en treillis.

Si les forces de défense et de sécurité du pays montraient autant de zèle quand il s’agit de protéger la population, certainement, la sécurité partout à Madagascar serait vite rétablie. Mais on en est encore loin. Cette population déjà brisée par les difficultés de la vie doit encore subir la loi des malfaiteurs.
C’est ce type de comportement de la part des exécutants qui fait naître une certaine animosité de la population à l’égard des tous ceux qui ont été investis d’un brin de pouvoir quoique ces derniers ne soient responsables directement de ces agissements. Et cela touche toutes les sphères du pouvoir.
Partout, dans la machine administrative, les actes du personnel subalterne ternissent bien souvent l’image même de leurs supérieurs. Mais il n’est pas encore tard pour que leurs supérieurs les prennent en main afin d’éviter une telle situation conséquemment à un excès de zèle.

Ranaivo Lala Honoré

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