A l’approche de la Concertation nationale, l’ancien ministre du Commerce et de la fonction publique, le Pr. Henri Rasamoelina, estime que la stabilité d’un régime et le développement durable du pays dépendent de la résolution de la problématique de l’eau. Il appelle ainsi à consacrer un thème spécifique à cette question lors des discussions nationales, au lieu de l’intégrer uniquement dans le volet général de « l’aménagement du territoire et de l’environnement ».
Henri Rasamoelina considère que les thèmes proposés par le FFKM ne reflètent pas suffisamment les réalités vécues par la population malgache. Selon lui, la formulation « aménagement du territoire et environnement » reste trop large et ne met pas suffisamment en avant les enjeux liés à cette ressource essentielle pour la vie quotidienne et l’avenir du pays.
L’ancien ministre souligne que les difficultés d’accès à l’eau ne concernent pas uniquement les problèmes internes de la Jirama. Il évoque également la dégradation de l’environnement, notamment la diminution de la couverture forestière à Madagascar. Selon lui, moins de 9% du territoire national serait aujourd’hui couvert par des forêts, une situation qui risque encore de se détériorer, d’après les alertes du WWF.
« L’eau, c’est la vie », affirme Henri Rasamoelina, qui estime que cette question doit occuper une place centrale dans la Concertation nationale. Pour lui, les débats ne doivent pas se limiter aux questions de structures ou d’organisation, mais doivent également porter sur les défis qui touchent directement la population.
Le professeur rappelle qu’il travaille et écrit sur cette problématique depuis les années 1990. Il appelle également Madagascar à s’inspirer des expériences d’autres pays, notamment l’Ethiopie, dans la gestion des ressources hydriques et la mise en place de stratégies adaptées face aux défis environnementaux.
A travers cette prise de position, Henri Rasamoelina invite ainsi le FFKM, initiateur de la Concertation nationale, à revoir les thématiques retenues afin qu’elles correspondent davantage aux préoccupations réelles des citoyens. Pour lui, la gestion durable de l’eau constitue l’un des fondements de la stabilité et du développement du pays.
S.A.




