C’est un non-sens !

Après la journée de deuil national, une grande marche blanche, prévue se dérouler ce jour dans le centre-ville, suscite depuis quelque temps une forte controverse, car qualifiée par certains de rassemblement politique plutôt que citoyen, dans un contexte actuel d’insécurité. Cependant, l’opinion publique ne partage pas cette façon de voir les choses. À l’heure de la refondation et au nom de la démocratie, il faut se défaire de l’idée d’une récupération politique et partisane à chaque fois que les citoyens interpellent l’État dans la rue, alors que les circonstances l’exigent.
Le deuil national et la marche blanche ne sont pas contradictoires ; au contraire, ils sont complémentaires. L’objectif de ces deux événements pacifiques est de rendre à la fois hommage aux victimes, de soutenir les familles endeuillées et de montrer la détermination de toutes les parties prenantes à y faire face. À vrai dire, ils devraient être dans la continuité l’un de l’autre.
La seule différence est que le deuil national est un événement exceptionnel décrété par l’État. La journée est marquée par la mise en berne des drapeaux sur les bâtiments publics. C’est un moment de recueillement permettant à la population de s’associer à l’hommage rendu aux victimes, même
si force est de constater que ce n’était pas vraiment le cas hier. Quant à la marche blanche, elle relève de l’initiative citoyenne : pas de cris, pas de slogans revendicatifs, mais de la dignité et du calme.
Ce qui serait étonnant en revanche, c’est que face à la situation actuelle, l’État n’ait pas décrété de deuil national et que les citoyens n’aient pas prévu de marche blanche, en mémoire des victimes et en signe de soutien aux proches. À cet égard, il faut savoir faire la part des choses au risque de tomber dans la contradiction politique. Décréter un deuil national, mais voir d’un mauvais œil la tenue d’une marche blanche, c’est un non-sens.

J.R

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