De leurs vivant

Le pays tout entier a connu la virtuosité de Maître Kira, récemment décédé, dans le domaine du football. Il a pleinement marqué de son empreinte l’histoire du football national. Et c’est en toute légitimité qu’un hommage national lui fut accordé dimanche au stade des Barea de Mahamasina.
C’est au cours de cette cérémonie qu’on lui a accordé la dignité de « Grand Officier de l’Ordre National Malagasy » à titre posthume. Cette haute distinction, rarement accordé à un sportif de haut niveau soit-il, marque qu’il a été l’une des grandes figures du football malgache.
Et c’est à l’unanimité que l’on reconnaît que Maître Kira méritait cette distinction tellement il a porté haut les couleurs du football malgache. Et nombreuses sont les générations qui se sont inspirées de son savoir-faire ou tout au moins, ont suivi son exemple.
Toutefois, ce qui marque les esprits c’est le fait qu’on ne comprendra jamais pourquoi l’Etat attend que l’intéressé soit décédé pour reconnaître ce que l’intéressé avait réalisé de son vivant. Bien souvent, cela lui a nécessité des sacrifices, des efforts hors du commun … .
Mais dans la majorité des cas, pour ne pas dire toujours, c’est à titre posthume que ces titres honorifiques sont accordés. C’est le destin des grands champions sportifs. Maître Kira en était l’exemple type. Il vivait dans les grandes difficultés matérielles, était malade … .
D’aucuns ignorent qu’à Madagascar, le sport ne nourrit pas encore son homme. Et les distinctions honorifiques ne suffisent pas. L’Etat se doit de mettre en place un système qui puisse permettre à ces grands champions, âgés et fatigués, de vivre dans la suffisance. Ce qui n’est pas toujours le cas.
Quand ils étaient au sommet de leur art, ils étaient adulés par tout un peuple. Mais quand les années de gloire passent à cause de l’âge ou de la santé, ils vivent dans l’insuffisance, pour ne pas dire la misère pour certains. Parfois, ils finissent dans le complet anonymat.
Bien rares sont ceux qui ont eu la chance de bénéficier d’une cagnotte organisée spontanément par des admirateurs fidèles pour permettre à ces champions de se soigner quand ils tombent malades ou pire encore, de pouvoir subvenir à leurs besoins de subsistance ou ceux de leur famille.
Et on croit bien que le ministère de tutelle était au courant de cette situation dans laquelle vivent nos grands champions. Mais jusqu’à maintenant aucune initiative dans ce sens n’a jamais été prise. Pourtant, ces grands champions méritent que ces distinctions honorifiques et les avantages matériels dont ils doivent bénéficient leurs soient accordés de leurs vivant.

Ranaivo Lala Honoré

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