Coupures d’électricité: la Jirama suspecte un acte malveillant

La Jirama a annoncé la mise en place d’une commission mixte d’enquête afin d’élucider les récents incidents ayant provoqué des coupures d’électricité sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Présidée par le procureur général près la Cour d’appel d’Antananarivo, cette commission associera également les forces de l’ordre pour déterminer les circonstances de ces événements jugés préoccupants.

Lors d’une conférence de presse tenue hier au siège de la Jirama à Am­bohijatovo, le directeur général de la Jirama, le général Hajatiana Rasolomanana, a exprimé son inquiétude face à la succession d’incidents. « Il se passe des choses inquiétantes au sein de la Jirama. Nous voulons faire toute la lumière sur ces événements », a-t-il déclaré. Selon lui, ces faits surviennent dans un contexte marqué par l’enquête parlementaire en cours sur la société d’Etat et donnent l’impression que « toutes les défaillances sont systématiquement imputées à la Jirama ».
Le responsable est no­tam­ment revenu sur l’incident du 20 juillet, lorsqu’un camion-citerne a bloqué l’accès à une centrale d’Am­bo­himanambola, au niveau de Behintsy. Cette situation a contraint la compagnie à réduire sa production de 35 MW. Il a également évoqué l’incendie survenu dans la soirée du dimanche 26 juillet au poste d’interconnexion de la centrale HFF à Am­bo­himanambola. Le sinistre a entraîné un black-out total du RIA pendant près d’une heure.

Révision de contrats ?
Présent sur les lieux après l’incident a Am­bohi­ma­nambola, le directeur général adjoint chargé de la production d’électricité, Manda Ny Aina Nomena, a expliqué l’origine technique de la panne. « Une cellule moyenne tension a explosé avant de prendre feu. Le court-circuit provoqué a entraîné les coupures. Nos équipes ont d’abord isolé l’incendie puis maîtrisé le feu, ce qui explique le délai nécessaire au rétablissement de l’alimentation électrique », a-t-il précisé.
Outre la situation du RIA, la Jirama a évoqué les difficultés de production d’électricité dans plusieurs régions. Le déficit atteint environ 0,2 MW à An­tsi­ranana, tandis qu’il est passé de 7,1 à 10 MW à Toamasina. Bien que la production dans ces villes relève contractuellement de partenaires privés, notamment Enelec, la Jirama affirme devoir renforcer l’approvisionnement en injectant 5,6 MW supplémentaires, tandis que HFF contribue également à la production à Mahajanga.
Face à cette situation, la société publique prévient qu’elle pourrait revoir ses contrats avec certains producteurs privés si l’approvisionnement en électricité ne revient pas rapidement à la normale. Parallèlement, les investigations menées avec la gendarmerie et la police devront établir les responsabilités et éclaircir les circonstances de ces incidents successifs.

Arh.

Partager sur: