La rencontre entre l’ambassadeur de l’Union européenne et le ministre de l’Environnement rappelle une évidence : le patrimoine naturel de Madagascar n’est pas seulement un héritage à protéger, mais aussi un levier majeur de développement économique. Biodiversité, forêts, mangroves, terres agricoles, ressources marines et paysages exceptionnels peuvent soutenir l’écotourisme, l’agroécologie, la pêche durable, l’artisanat et les emplois verts.
Pourtant, cette richesse profite encore trop peu aux populations. Dans plusieurs régions, des communautés vivent au cœur d’écosystèmes précieux tout en restant confrontées à la pauvreté, au chômage et au manque d’infrastructures. La protection de l’environnement ne doit donc pas se limiter à interdire ou à sanctuariser des espaces. Elle doit permettre une valorisation responsable des ressources, avec des retombées concrètes pour les habitants.
Une forêt préservée protège les sols, sécurise l’eau et soutient l’agriculture. Les mangroves protègent les côtes et favorisent la pêche. Les parcs naturels attirent les visiteurs et créent des activités locales. Mais ces bénéfices ne seront durables que si les communautés participent aux décisions et reçoivent une part réelle des revenus générés.
Le soutien de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et des autres partenaires peut apporter financements, expertise et technologies. Il doit toutefois contribuer à bâtir une économie verte malgache, et non à multiplier des projets isolés. La réunion de la Plateforme de coordination sectorielle environnement de septembre devra fixer des priorités claires, des objectifs mesurables et des mécanismes de suivi transparents.
Madagascar ne doit plus opposer protection de la nature et développement. Sa véritable richesse pousse dans ses forêts, vit dans ses mers, irrigue ses terres et attire par la beauté de ses paysages. La détruire reviendrait à épuiser le capital du pays. Les préserver, les restaurer et les valoriser intelligemment peut ouvrir la voie à une économie plus inclusive, plus résiliente et plus durable. Cette ambition doit également profiter aux générations futures.
Tivo Rasam




