La mission spéciale de la garde présidentielle dans le Sud, a porté ses fruits. Quinze civils et un gendarme ont été capturés dans l’affaire d’enlèvement d’un enfant albinos à Betroka, au mois de mai. L’otage a été retrouvé mort énucléé, après les aveux du principal auteur du rapt. Les investigations se poursuivent en vue de retrouver les « gros bonnets » et autres complices encore en cavale.
Aux grands maux les grands remèdes. Le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina a fait de la lutte contre le phénomène de kidnapping une affaire personnelle. Il a alors envoyé des membres de la garde présidentielle dans le Sud, plus particulièrement à Betroka et Ihosy, en plus de ceux mobilisés dans la capitale après la flambée de disparitions de personnes de ces derniers temps.
Tout a commencé par la diffusion d’une vidéo dans le district de Betroka, annonçant qu’un individu prévoyait de vendre un albinos et des globes oculaires d’albinos. La garde présidentielle composée d’éléments de l’Armée, de la gendarmerie et de la police, est entrée en contact avec le présumé trafiquant, faisant semblant d’être intéressée par l’offre. Deux hommes sont venus dans la capitale et tombés dans le piège des enquêteurs.
400 millions d’ariary
Depuis, les investigations ont avancé à grands pas. Entre enquêtes, pièges, aveux, les limiers ont réussi à capturer au total 16 suspects composés, entre autres, de kidnappeurs, receleurs et instigateurs. Le supposé acheteur, par contre, n’est pas tombé dans le piège. Parmi les membres de la bande, un gendarme en poste à Manombo Betroka, un enseignant à Betroka, un technicien de laboratoire dans un hôpital local, ainsi que des malfaiteurs de renom dont le grand-père de l’enfant albinos à l’origine de l’affaire.
Selon les informations, le coût d’un enfant albinos et des yeux d’albinos s’élèverait à 400 millions d’ariary. Tous les 16 individus impliqués dans l’affaire ont été conduits vers la capitale pour la suite des investigations menées par la police et la gendarmerie avant leur défèrement au parquet. Les recherches d’autres membres du réseau se poursuivent à Ihosy et Betroka, étant donné que deux autres personnes albinos restent encore introuvables actuellement.
Pour rappel, des bandits armés ont kidnappé chez lui à Betroka, le 14 mai, un enfant albinos de huit mois. Le père du bébé a essayé d’opposer une résistance, mais les malfrats n’ont pas hésité à le tuer par balles. L’enfant est depuis resté introuvable. L’un des suspects arrêtés a alors avoué que l’otage est tombé malade après deux mois de séquestration et a perdu la vie. Ses ravisseurs ont décidé de fracturer le crâne de la victime à l’aide d’une hache pour enlever les globes oculaires avant de l’enterrer.
LR




