Enfin… il était temps

Mieux vaut tard que jamais, dit-on, du fait d’une longue attente qui paraît interminable. C’est sans doute le cas des candidats au concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature et des greffes dont le processus a été suspendue pour suspicion des fraudes et de corruption. Mais après des semaines d’incertitude et de spéculations, ils sont maintenant fixés sur leur sort. Le ministère de la Justice a enfin pris une décision, en annonçant la reprise des épreuves écrites pour la filière judiciaire, au mois de septembre.
La suspension du concours, au mois de mars, a laissé les candidats dans l’expectative. Leur avenir professionnel était suspendu jusqu’à une décision qui semblait repoussée aux calendres grecques. Chaque jour d’attente alimentait les rumeurs. Le concours serait-il annulé, validé ? Les réseaux sociaux ajoutent aussi leur grain de sel. Tout s’engageait dans des hypothèses invraisemblables où, souvent contradictoires.
La communication institutionnelle est parfois très délicate. Il est compréhensible qu’une enquête sérieuse demande du temps, surtout lorsqu’il s’agit de préserver l’intégrité d’un concours destiné à former les futurs magistrats du pays, face aux soupçons de fraude susceptibles d’entacher le concours. Mais entre la nécessité de vérifier les faits et le motus et bouche cousue, il faut trouver un équilibre. Lorsqu’une administration garde le silence trop longtemps, les rumeurs font de bruit que la vérité.
La décision de faire repasser les épreuves de la filière concernée apparaît comme une solution visant à rétablir l’égalité des chances. Elle aura certes un coût, mais elle permet au moins de préserver la crédibilité du concours. Reste que cette annonce aurait dû intervenir plus tôt, ou du moins être précédée d’une communication régulière sur l’avancement du dossier.
Cette affaire rappelle une évidence trop souvent oubliée, communiquer ne consiste pas seulement à annoncer une décision finale. C’est aussi accompagner les concernés pendant toute la durée du processus. Dans une époque où l’information circule à la vitesse des réseaux sociaux, le silence est rarement neutre. Les candidats savent désormais à quoi s’en tenir et peuvent se préparer en conséquence.

Rakoto

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