La filière girofle affiche une performance remarquable au premier semestre de 2026, selon les données du rapport de la politique monétaire de Banky foiben’i Madagasikara, avec une progression de 197,4% tandis que le secteur des zones franches subit un ralentissement de la demande extérieure.
Cette progression spectaculaire des exportations de girofle s’explique par le dynamisme de la demande internationale, notamment dans les industries alimentaires, cosmétique et pharmaceutique. La forte demande provenant des marchés asiatiques, combinée à une baisse de la production en Indonésie, liée aux effets du changement climatique et à la libéralisation du secteur, a également contribué à cette évolution nette des volumes exportés, confortant la position de Madagascar sur le marché international.
Cette performance intervient toutefois dans un contexte marqué par un léger recul du prix moyen de 9,9%, ce qui illustre l’importance de l’effet de volume dans la croissance des recettes d’exportation.
À l’inverse de la filière girofle, les exportations des entreprises franches ont connu une diminution de 8,7 %. Cette contraction s’explique par la baisse des commandes, estimée à 12,5 %, bien qu’elle ait été partiellement compensée par une progression de 4,3 % du prix moyen des produits exportés.
Le marché américain figure parmi les plus affectés, avec une baisse de 21,2 % des commandes résultant des incertitudes entourant le renouvellement et l’évolution de l’Agoa. A cet effet, les acheteurs américains ont tendance à réorienter progressivement une partie de leurs commandes vers des pays considérés comme plus compétitifs, notamment l’Égypte et le Kenya. Cette évolution constitue un défi majeur pour l’industrie textile malgache, fortement dépendante des marchés internationaux.
Jean Riana




