Plateforme eHaingo: « Faire valoir l’excellence du vita malagasy sur le marché international »

Partie de la volonté d’Elisa Ravoaja de contribuer au rayonnement de Madagascar au-delà de ses frontières, la plateforme de distribution en ligne « eHaingo » entend faire du « vita malagasy », une signature visible sur les marchés internationaux de la mode et des accessoires. Sept créateurs et marques malgaches ont rejoint l’initiative pour cette première implantation en France, avec l’ambition de s’étendre progressivement en Europe, au Canada et en Amérique. Interview.

* Les Nouvelles: Parlez-nous de la genèse de ce projet.
– Elisa Ravoaja : L’idée est née après mon départ de Madagascar. Je souhaitais participer, à mon échelle, au rayonnement du pays à travers sa richesse culturelle et artistique. Dans le même temps, un développeur installé au Canada m’a ap­prochée avec l’idée de créer une plateforme dédiée au sur-mesure et au prêt-à-porter. Comme nous travaillons déjà dans l’export-import, nos projets se sont naturellement rejoints. Nous avons alors imaginé une plateforme permettant d’exporter le «vita malagasy», tout en prenant en charge les aspects liés au transport, à la logistique et à la gestion du site.
* Concrètement, comment fonctionne cette plateforme?
– Il faut dire que nous
ne sommes pas revendeurs mais distributeurs. Dans ce cas, les fournisseurs proposent leurs créations en sur-mesure ou en prêt-à-porter, puis les produits sont con­fectionnés ou préparés après la commande et l’achat du client. De notre côté, nous prenons en charge tout le circuit de la marchandise, notamment le transport, les démarches auprès du transitaire et les formalités douanières, depuis Madagascar jusqu’à la destination finale. En complément de la plateforme en ligne, nous disposons également d’un showroom à Massy, à environ 30 minutes de Paris.
* Qui sont les créateurs et fournisseurs présents sur eHaingo ?
– Nous travaillons no­tamment avec SihRakout, Bogasy, Meva Sanjy, Bles­signs, CLA, Lenka et Maison Tantely R. Ces créateurs commencent progressivement à apposer leur signature sur la scène internationale. Leur objectif est également d’élargir leur clientèle, aussi bien auprès de la diaspora malgache que d’autres nationalités. Nous invitons d’ailleurs d’autres créateurs à nous rejoindre dans cette aventure. Notre principal critère de sélection reste la qualité des produits. Nous effectuons donc des contrôles qualité rigoureux. Mada­gascar déborde de créativité. Mais il faut constamment insister sur la qualité des finitions. C’est un élément essentiel pour pouvoir ré­pondre aux exigences du marché international et cons­truire une image durable du «vita malagasy».
* Quel avantage la plateforme apporte-t-elle aux clients ?
– L’idée est avant tout de regrouper sur une seule plateforme différents articles de mode et accessoires, afin que le client puisse trouver plusieurs offres en quelques clics. Nous voulons également garantir la sécurité de l’achat et assurer le suivi de la commande jusqu’à sa destination. eHaingo permet ainsi de mettre directement en relation les clients et les professionnels malgaches
de la mode. Au-delà de la vente, notre ambition est de faire valoir l’excellence du «vita malagasy» sur le marché international et de montrer qu’il existe à Madagascar des créateurs capables de proposer des produits ré­pondant aux attentes de consommateurs étrangers.
* Quel potentiel représente ce marché ?
– La diaspora malgache en France représente déjà un marché important. Nous estimons qu’elle compte au minimum 180.000 personnes. Une partie de cette communauté est à la recherche de produits qui permettent de conserver ou de renouer avec une identité malgache. Mais notre ambition ne se limite pas à la diaspora. Le marché français représente un potentiel beaucoup plus large. Il existe une consommation importante de vêtements et d’accessoires, qui font partie des besoins du quotidien. Cela nous oblige aussi à diversifier progressivement notre offre afin de répondre à différents styles et profils de consommateurs : mode urbaine, élégance, vêtements du quotidien ou encore pièces plus originales.

Propos recueillis par Joachin Michaël

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