Tel un phénix

Madagascar Airlines va acquérir un Boeing 737-700 sur financement de l’Etat malgache. L’achat de cet appareil a pour objectif de renforcer les vols intérieurs et internationaux, c’est-à-dire élargir sa capacité et son rayon d’action. En effet, avec les cinq ATR72 disponibles, il n’est pas possible de desservir les lignes internationales.
Ce renforcement de la flotte de Madagascar Airlines se situe également dans la perspective de reprise du nom historique : Air Mada­gascar. Un pavillon national digne de ce nom se doit de flotter et sillonner les espaces aériens internationaux et pas seulement se li­miter aux vols régionaux.
Mais pour ce faire, il ne faut pas qu’on re­tombe dans les mêmes erreurs d’avant qui ont entraîné Air Madagascar à couler et aujourd’hui mis Madagascar Airlines sur la pente raide. Ce ne sera pas chose facile. Mais on peut le faire si on le veut vraiment.
Avant toute chose, il faudra bien réfléchir sur de nombreuses questions qui doivent se poser na­turellement si on ne veut pas faire les mêmes erreurs : Choix des aéronefs à acheter ? Destina­tions à desservir ? Orga­nisation interne de la compagnie ? … .
En matière d’achat d’aéronef, il faudra choisir de manière à avoir une flotte adaptée aux réalités du pays : Entre autres, on peut relever l’enclavement de nombreuses régions dans le pays, l’éloignement de Madagascar des principaux points de concentration de voyageurs potentiels, ….
Pour toutes ces raisons, il importe de prendre en compte la capacité de transport, la consommation de carburant, la disponibilité sur place du personnel technique et naviguant requis, … . Le prix du billet est également une question primordiale (réputé être très élevé comparé à celui d’autres compagnies).
En ce qui concerne la desserte à mettre en place, certes Air Mada­gascar a déjà relativement d’importantes destinations tel­le que Mar­seille (France), Guang­zhou (Chine) ou Bangkok (Thaïlande), … . Mais il ne faut pas se focaliser sur ces destinations : D’autres plus intéressantes peuvent exister.
Quant à l’organisation interne de la compagnie, ce sera aussi une autre paire de manche. Effec­tivement, le personnel a été habitué à bénéficier d’énormes avantages. Entre autres, on peut citer le droit à des billets gratuits aux frais de la compagnie. Mais quand un vol est rempli de passagers non-payants, c’est la perte sèche pour la compagnie.
Ce sont des erreurs qu’on peut éviter si on met une gestion saine de la compagnie. Mais cela ne pourra se faire qu’avec des hommes prêts et dé­voués à l’épanouissement de la compagnie nationale et non à celui de leurs intérêts personnels.
Finalement, on peut dire que relancer le pavil­lon aérien national relèvera d’une véritable ga­geure. Et tous ceux qui en auront la responsabilité d’avoir s’attendre à réaliser un miracle car c’est tout un peuple qui attend que la compagnie nationale aérienne Air Mada­gascar renaisse de ses cendres tel le phénix.

Ranaivo Lala Honoré

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